Richard Bona : the black voodoo machine

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Richard Bona : the black voodoo machine – 19/11/2016 Eysines

Par Carlos Olivera, photos Alain Pelletier

La musique populaire du XXème siècle est porteuse de la sonorité et des rythmes africains : le jazz, le blues et, bien sûr, le rock. Mais aussi les musiques caribéennes comme la rumba, le boléro, le guaguanco, le mambo, le cha-cha-cha et autres rythmes qui font danser le monde entier dès la fin des années 1930. Et ce sont ces musiques caribéennes qui ont fait le voyage retour vers l’Afrique à partir de la fin de la première moitié du XXème siècle, amenées par les marins caribéens qui arrivent sur ces côtes pour le commerce. C’est le début d’une “ré-africanisation” des musiques latino-américaines, surtout cubaines, qui vont influencer notablement l’orientation musicale de l’Afrique. C’est pourquoi le choix de la musique d’un disque comme “Heritage” du musicien camerounais Richard Bona et le Mandekan Cubano, avec des sonorités clairement latino-américaines, est totalement naturel pour lui qui aime se submerger dans ses propres racines pour trouver de nouvelles formes d’expression et se réinventer.

Et c’est cette musique qu’on est venu écouter à Eysines, à la salle du Vigean. Dehors il fait froid et j’ai galéré pour trouver la salle de concert, mais une fois arrivé on est récompensé par la musique. Les premiers accords chauds de la basse à cinq cordes de Richard Bona, suivi du piano et du reste du groupe nous font oublier que dehors c’est l’hiver. La musique réchauffe, nous transporte, et tout d’un coup, on est aux Caraïbes et on a envie de danser. Il ne se passe pas longtemps avant que le premier couple casse les codes d’une salle de concerts comme celui d’Eysines et se mette à danser à côté de la scène. Rapidement on voit des ombres qui se lèvent partout, pressées d’arriver à la piste de danse improvisée. Et c’est le morceau Santa Clara tiene montuno, du pianiste Osmany Paredes qui ouvre le bal. Le calme revient avec un boléro où la trompette de Dennis Hernández jouée à la sourdine est magnifique et nous transporte dans les rues de La Havane.

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“C’est chaud ici, j’ai aussi envie de descendre sur la piste de danse ! Mais j’aurais besoin d’un peu d’armagnac” nous balance le bassiste et chanteur depuis la scène et sous les applaudissements. Le concert est riche en rythme, mais aussi en échange entre l’artiste et le public. Et il n’a pas laissé passer l’opportunité de parler de la ville d’Eysines : “Quand j’ai lu la liste de villes de la tournée j’ai vu : Rio de Janeiro, Tokyo… et Eysines ? Je me suis demandé : “c’est où ça ?” Mais il faut dire que c’est ici que j’ai mieux mangé ! » . Le public rigole et approuve.

La musique continue et on arrive à l’un des moments les plus impressionnants de la soirée : Richard Bona, tout seul sur scène avec ce qu’il a appelé la “Black voodoo machine d’Eysines”. Il s’agissait d’un looper, ou “boucleur”, avec lequel il a monté une polyphonie complexe de chants aux sonorités africaines improvisée sur place. Un exercice tellement impressionnant et émouvant grâce à la profondeur de sa voix, et qui a été mon moment favori du concert.

Bilongo, un classique de la musique afro-cubaine, a été l’un des moments les plus appréciés par le public. Mais le moment fort de la soirée a certainement été lorsqu’il a demandé à tout le monde de se lever et de danser ! Tout le monde s’est mis à bouger comme il pouvait, sur les marches, à côté des sièges, et le concert s’est transformé en une fête. A la fin du concert, les musiciens sont revenus pour jouer une chanson de plus, et comme le public ne voulait pas les laisser partir, Richard Bona est revenu pour jouer une magnifique chanson au piano et a chanté a capella.

Une fois le concert fini, on sort et on est accueilli par le vent et le froid, mais nous avons le cœur chaud, les jambes légères, et on est prêt à continuer la fête.

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Fabrizio Bosso – L’Astrada – Marciac 21 mai 2016

Par Carlos Olivera –Photo Jazz In Marciac

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C’était une soirée parfaite pour un concert de jazz à Marciac. Le temps était frais dans le village après les 32 degrés que nous avions eu sur tout le Sud-Ouest ce samedi 21 mai.

Jazz à Marciac en mai ? Oui, bien sûr ! Car Marciac est avant tout un village qui vit  par le jazz. En se promenant dans les rues de ce village médiéval du Gers on trouve partout une référence à l’âge d’or du jazz. Les images de Miles Davis, Satchmo, Duke Ellington, etc., sont présentes comme une empreinte du festival annuel qui rassemble 250 000 visiteurs entre fin juillet et la mi-août.

Et le reste de l’année, celui qui veut passer par Marciac et écouter du Jazz y trouvera également son compte. Ce samedi de mai le jazz italien est à l’honneur avec le quartet de Fabrizio Bosso. Formé à Turin au conservatoire Giuseppe Verdi puis émigré aux États-Unis, ce trompettiste qui a joué avec les plus grands musiciens italiens possède une bonne dizaine d’albums à son actif.

Un quartet d’apparence classique (piano, contrebasse, batterie et trompette) qui ne l’est pas tout à fait. Les alternances rythmiques font de la première partie du concert une montagne russe musicale, les sonorités beebop et blues ravissent le public. La structure de la batterie et de la basse construisent une base rythmique souple qui accompagne à la perfection les textures sonores du duo piano/trompette et traduit la virtuosité de Bosso à produire des impressions multiples.

La deuxième partie du concert est l’occasion pour le quartet de présenter son travail sur Duke Ellington. Paru en 2015, Duke (Verve/Universal) est une succession d’arrangements des classiques du maître du swing. « Take the A train » et « Caravan » en particulier, font écho dans la mémoire du public qui se met à fredonner.

Le solo de Fabrizio Bosso introduit le début du rappel pour ensuite laisser ses compagnons finir le concert. Cette ultime élégance marque la fin du concert et introduit la saison des festivals.

Fabrizio Bosso – trompette
Julian Oliver Mazzariello – piano
Luca Alemanno – contrebasse
Nicola Angelucci – batterie
www.fabriziobosso.eu

www.jazzinmarciac.com