Nola’s new # 23

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Très longue soirée musicale en ce mercredi. Cela commençait par le « Lafayette square Fest ». En effet, comme tous les mercredis, dans ce square, 2 concerts sont proposés. Ce mercredi, on passera sous silence le 1er concert … du folk variétoche … banal, inintéressant (du moins, pour nous). Cela nous aura permis de déguster tranquillement un excellent « cochon de lait Po-boy » et une non moins excellent crêpe nutella/bananas. Quant au régime musical, le second concert était assuré par la pianiste/chanteuse du cru, Marcia Ball. Le nombreux public était venu pour elle. Malheureusement, une maladresse (en cause sûrement, la digestion lente) nous prive de photos. Marcia Ball commençait par un bon swing des familles, accompagnant son chant au piano électrique. Elle s’était entourée de quelques musiciens locaux, tous aussi bons les uns que les autres et, en particulier un sax ténor que l’on peut croiser tous les soirs, dans divers clubs et avec plusieurs formations différentes. Un rock suivait avant de calmer le jeu et interpréter  2 slows, 2 chansons, à la Fats Domino pendant que dans le ciel, un avion dessinait un magnifique smile et un love. Et puis, on restait sur ces chansons (shuffle ou tempo rapide) qui vantent la Lousiane, ses bayous et bien sûr, New Orleans. Et, croyez-moi, cela a un ton et un son bien particuliers. L’orchestre groovait à merveille et le public dansait et ovationnait la vedette qui se donnait à fond. Et pourtant, elle devait assurer par la suite, 30 mn plus tard, un autre concert au Snug Harbor, lors d’un « piano night » avec Tom McDermott et Joe Krown. Un très bon moment.

Après quoi, direction Frenchmen street et le « Frenchmen Theater », grande salle de spectacle, au fond du club « Boogaloo » et dotée d’une immense scène, pour assister à la « 2nd Annual Guitar Night ». Enorme affluence pour écouter et applaudir le fabuleux guitariste/chanteur Sonny Landreth, puis Eric Krasno, Eric McFadden, Luther Dickerson et enfin, Ian Cunningham. (Toujours pas de photos, suite au dérapage incontrôlé). Excellente prestation de ce magicien des cordes qui rendait un hommage, fort apprécié, à Johnny Winter. Du rock au Blues, du Blues au Funk pour un très bon concert. Après quoi, nous avons jeté l’éponge car, d’une part, le répertoire du second et sa médiocre qualité de chanteur ne nous attirait pas, mais surtout, à quelques pas de là, à « Maison », c’est le trio de Kris Royal qui nous attendait.

Kris Royal Trio

Kris Royal Trio

Kris Royal est un remarquable saxophoniste que vous devez absolument découvrir si vous ne le connaissez pas. Un son et une inventivité formidables, tant dans le style fusion que dans le funk. Là, nous étions dans le « fusion » et le trio jouait dans une salle pas très garnie.

Kris Royal

Kris Royal

Mais, ceux qui étaient là, appréciaient et applaudissaient à tout rompre les chorus des uns et des autres. Il faut dire qu’il partageait la scène avec deux superbes musiciens, le batteur et le bassiste de « The Bridge Trio et de Donald Harrison. Extraordinaire ligne de basse que réalisait Max Moran et qui ne se contentait pas d’accompagner mais de créer, prenant des chorus de toute beauté et proposant quelques unes de ses compositions.

Max Moran

Max Moran

Quant au troisième, c’est l’excellent Joe Dyson qui tenait la batterie et faisait des merveilles, soutenant, pulsant, jouant avec aisance et créativité. Il faisait, lui aussi, des solos très remarqués et assurait une assise au trio sans jamais donner l’impression de forcer ou de peiner. Pourtant, il joue avec une rapidité déconcertante et une finesse sans égal.

Joe Dyson

Joe Dyson

Un formidable concert que ces 3 déjà grands jazzmen venaient de donner en interprétant des compositions de chacun d’eux. Enfin, avant d’arpenter Bourbon Street et rejoindre le street car (Tramway) pour rentrer, une courte halte à « BMC » pour écouter « Abney Effect » avec un Mario Abney, toujours dans une forme explosive, qui jouait de la trompette à tout rompre, chantait et dansait devant un public conquis qui venait faire la fête et terminer la soirée en beauté. Demain sera un autre jour.

 

Nola’s news # 16

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Walter Wolfman Washington

Walter Wolfman Washington

Ce soir, c’est le « d.b.a. », club sur Frenchmen street, qui nous accueillait pour un rendez-vous avec l’inclassable guitariste Walter Wolfman Washington et les Roadmasters.

W.W.Washington & The Roadmasters

W.W.Washington & The Roadmasters 

Grosse affluence dans ce club qui s’est rempli en quelques minutes, dès les premières notes. W.W.Washington commençait ce concert par deux de ses compositions très jazz. Déjà, superbe. La formation habituelle qui l’accompagnait était composée d’un claviériste (orgue, piano électrique), d’un bassiste, d’un excellent batteur et d’une section de cuivre : trompette et saxophone. En fait, ses mêmes complices depuis plusieurs années.  D’entrée de jeu, le groove était présent et ça commençait fort. Et puis, comme il sait tout jouer et qu’il aime tout jouer, il partait sur deux chansons dans l’esprit soul qui suscitait déjà les premiers déhanchements des fans venus nombreux l’écouter.

Walter Wolfman Washington

Walter Wolfman Washington

Sa voix éraillée et son jeu de guitare particulier ne laissaient pas les spectateurs indifférents et l’intensité était de plus en plus forte. Il laissait une grande place à ses musiciens qui, chacun leur tour, prenaient de longs chorus, tous très aboutis et l’ambiance montait, peu à peu. Sur la scène, ils prenaient tous beaucoup de plaisir et on partait alors sur deux morceaux funk qui faisaient danser l’auditoire. Ils enchaînaient ensuite sur une chanson et un tempo lent sur lequel, Walter offrait un magnifique chorus … vous dansez ? Puis, il revenait sur du funk et se déchaînait, à genoux sur la scène, jouant de la guitare avec sa langue, ce qui engendrait bien entendu les cris de joie.

Walter Wolfman Washington

Walter Wolfman Washington

Un plaisir d’écouter les Roadmasters proposant quelques riffs sur deux blues, deux shuffls que chantait ce touche à tout. C’est bien pour cela qu’il est inclassable car, comme je le disais, il sait tout jouer et il aime tout jouer avec générosité et humilité. Encore une excellente soirée !

Walter Wolfman Washington

Walter Wolfman Washington

 

Nola’s news # 15

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Brad Walker sextet

Brad Walker sextet

Dans la famille Masakowski, un musicien peut en cacher un autre. Nous venions d’écouter le Père, Steve (guitariste), saluer la mère, Ulrike (pianiste classique) et c’est le fils, Martin (très bon contrebassiste) qui nous informait que sa soeur, Sasha se produisait un peu plus loin dans la rue. En effet, toujours sur Frenchmen street et 30 m plus loin, le club « Bue Nile » et upstairs, la salle à l’étage, dotée d’un immense balcon donnant sur l’agitation de la rue, se produisaitle sextet du jeune saxophoniste Brad Walker avec la belle et talentueuse Sasha Masakowski. Comme çà, en un soir, on a fait le tour de la famille. Pour notre 3ème concert de la soirée, nous avons eu une pensée particulière pour notre ami de route avec Action Jazz, Dom Imonk, car nous assistions dans une toute autre ambiance, à un concert je jazz expérimental, comme il aime. Sasha utilisait dans ce contexte sa merveilleuse voix comme un instrument de musique.

Sasha Masakowski

Sasha Masakowski

Sa voix s’intégrait à l’ensemble comme un sixième instrument, voire un septième car elle triturait aussi les boutons de son synthétiseur. Le plus souvent dans les aigus, elle dialoguait avec Brad Walker, l’excellent saxophoniste qui, à genou, faisait hurler son ténor. Le batteur et le contrebassiste provoquaient dans une musique improvisée où tout le monde trouvait, tour à tour ou ensemble, sa place. Une autre saxophoniste, alto, cette fois, dialoguait avec son homologue ténor pendant que l’inévitable guitariste, dans ce style improvisé, Cliff Hines, souvent à quatre pattes devant toutes ses pédales, offrait un accompagnement et/ou des improvisations tonitruantes et toujours très inspirées.

Cliff Hines

Cliff Hines

La saxophoniste laissait par moment de côté son alto pour prendre son accordéon et se mêler à l’improvisation collective. Brad Walker est l’initiateur de ce projet qui mérite d’aller plus loin. Encore un excellent concert devant un auditoire très attentif et captivé.

Brad Walker

Brad Walker

Nous voilà déjà à 1h00 du mat et le « Abney Effect » nous attendait au « BMC », à quelques pas de là. Mario Abney, toujours en grande forme, tantôt trompettiste, tantôt chanteur et toujours danseur, faisait son show. Le public présent, des habitués en majorité, le connaissant, venaient faire la fête avec lui. Car, avec Mario, un concert est toujours une fête collective d’une énorme intensité et d’un qualité extrême. Et je n’exagère pas.

Abney Effect

Abney Effect

Les excellents musiciens du groupe « chorussaient » tour à tour, sous la direction de Mario qui prenait de superbes solos. Comme toujours, infatigable, il s’adonnait à la danse et au chant dans l’esprit soul de James Brown. Mais, quel dynamisme et quelle virtuosité … C’est vraiment un musicien à découvrir, alors, amis organisateurs, si vous aimez le jazz, le funk, la soul, le style Brass Band et tout le reste, n’hésitez pas à programmer ce groupe et cet artiste qui mérite d’être découvert.

Mario Abney

Mario Abney

Bon, là, c’est terminé, 3h00 du mat, 4 concerts aussi intenses les uns que les autres, on jette l’éponge jusqu’à tout à l’heure pour d’autres rencontres, d’autres lieux … je dors déjà.

 

 

 

Nola’s news # 14

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Gregory Agid quartet

Gregory Agid quartet

Soirée intense à Nola, enfin, comme pratiquement toutes. Tout d’abord, le rendez-vous à « Maison » club sur Frenchmen street, avec, comme tous les mardis à 18h00, le fameux quartet de ce clarinettiste/saxophoniste en devenir qu’est Gregory Agid. Excellent début de soirée placé sous la bonne humeur car ces 4 musiciens se retrouvaient après quelques jours passés à NY pour 2 d’entre eux. La joie des retrouvailles et le plaisir de rejouer ensemble étaient flagrants et ça donnait un très bon concert. Ils interprétaient la musique de cet excellent CD que je vous recommande « Mistery Blues » (chroniqué dans la Gazette Bleue) ainsi que quelques standards ou autres compositions. Un début de soirée très alléchant avec un Gregory en grande forme qui s’apprête à faire 6 apparitions au JazzFest dans des contextes différents.

Gregory Agid

Gregory Agid

Le moment le plus intense de la soirée était à venir au « Snug Harbor » avec le Rick Margitza/Steve Masakowski quintet. Le club avait fait le plein pour les 2 concerts de 20h00 et de 22h00.

Margitza/Masakowski quintet

Margitza/Masakowski quintet

Il faut dire que c’était un événement car Rick Margitza habite Paris et n’est pas souvent de passage à Nola. Il fallait donc ne pas occulter le passage de ce formidable saxophoniste. Et puis, quel quintet ! Au saxophone donc, Rick Margitza, à la guitare, Steve Masakowski, grand maître de la guitare à 7 cordes, trop méconnu en France et pourtant, il a un passé Blue Note, ce qui n’est pas peu dire. Il est évidement très connu à Nola puisqu’il dirige le département Jazz de la fameuse université locale, la U.N.O.

Steve Masakowski

Steve Masakowski

Au piano, un autre personnage très influent et aussi très côté à Nola, le pianiste Michael Pellera qui lui est responsable du département Jazz de la Nocca, célèbre High school qui forme un nombre considérable de musiciens. Toute la jeune génération est passée par la formation de cette école et donc de Michael Pellera.

Michael Pellera

Michael Pellera

A la contrebasse, l’inévitable, l’incontournable, le génial James Singleton et sa bonne humeur.

James Singleton

James Singleton

Enfin, à la batterie, on trouvait l’omniprésent Johnny Vidacovich.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Le concert débutait avec un superbe composition de Steve Masakowski « Stepping stone » qui mettait déjà le public en condition. Une deuxième composition de Steve « Budapest » mettait en valeur sa virtuosité et il s’adonnait volontiers au tipping. Un guitariste de grande classe que je vous conseille de découvrir ou de redécouvrir. On assistait à des dialogues de grande classe entre Steve et Rick. Michael Pellera signait alors une de ses compositions « Carnival » et il se lançait dans un chorus de très haut niveau et d’une beauté indescriptible qui faisait réagir l’assistance. C’était alors au tour de James Singleton de présenter une composition originale « Blue Belly » avec une intro à la contrebasse, puissante et qui laisser supposer la suite particulièrement musclée du morceau. Là encore, des dialogues s’instaurent entre la basse de James et la batterie du spectaculaire Johnny Vidacovich. Dialogues de haut vol et des applaudissements mérités et fournis. Rick Margitza interprêtait alors « Barcelona Red » une de ses magnifiques compositions, lui permettant d’étaler son immense talent. Ses chorus suscitent de très vives réactions du public. Il faut dire que derrière tout ce beau monde, Johnny Vidacovich faisait preuve, comme toujours, d’un sens incroyable du groove, d’une finesse et d’une intelligence de jeu, incroyable. Et il prend toujours plaisir à duelliser avec tous ses autres partenaires. Michael Pellera me confiait à la fin du concert qu’il comparait Johnny à un peintre, au vu de son attitude quelque fois extravagante mais tellement créatrice et stimulante. Venait ensuite un standard  » Cry me a river ». Magnifique interprétation de cette magnifique chanson pleine de tendresse. C’est une autre composition de Rick Margitza « E-Jones » qui clôturait cet extraordinaire concert que l’on aurait tant aimer voir se prolonger. Mais, pitié pour les musiciens qui en étaient à leur deuxième concert d’affilé.

Rick Margitza

Rick Margitza

Voilà un concert qui restera dans les annales et encore une soirée inoubliable qui n’était pas finie pour autant. On en reparle. Et je vous conseille de fouiller les bacs des disquaires pour chercher les disques de ces extraordinaires musiciens qui n’ont pas, du moins en Europe, la place et l’aura qu’ils méritent.

S. Maskowski, Rick Margitza, James Singleton

S. Maskowski, Rick Margitza, James Singleton