Nola’s news # 46

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Le célèbre club de New Orleans où bon nombre d’enregistrements sont réalisés a pour principe de donner carte blanche à un musicien, 2 fois par semaine. Hier soir, c’était George Porter Jr qui animait le « Maple Leaf » pour une soirée funky de haut vol.

George Porter Jr

George Porter Jr

Alors, on connait bien sûr, George Porter Jr (The Meters) mais j’ai découvert 2 autres formidables musiciens. George Porter lançait ses morceaux à la basse et très vite, l’excellent claviériste Mike Lember entrait dans le jeu

Mike Lember

Mike Lember 

et le sensationnel batteur, Terrance Houston lui emboîtait le pas avec puissance, justesse et vélocité. Une mitraillette en même temps qu’un « B52 ». On avait l’impression qu’il jouait avec des éventails, tant il était rapide.

Terrance Houston

Terrance Houston

Pas de flash et l’éclairage déficient ne nous permet pas d’apprécier ces merveilleux musiciens en action mais les photos en donnent tout de même une idée. George Porter ne se contentait pas d’introduire les morceaux et d’exécuter de magnifiques lignes de basse mais il réalisait des chorus de toute beauté.

George Porter Jr

George Porter Jr

Mike Lember faisait par moment, sonner ses claviers comme un steel drum et était très imaginatif. Mais, les surprises ne s’arrêtaient pas là car le leader appelait un autre invité de marque, Kris Royal.

Kris Royal

Kris Royal

Et là, quelle claque ! Du grand art. Un son magnifique à l’alto, une imagination débordante et un groove exceptionnel faisaient réagir le public avec frénésie. Quel saxophoniste à découvrir (en playlist dans la dernière Gazette Bleu n° 10) impérativement. Et puis, c’est un jeune guitariste, Chris Adtkins qui devait le remplacer sur la scène. Alors, difficile de passer après un tel phénomène bourré de talent.

Chris Adtkins

Chris Adtkins

Mais Chris s’en sortait honorablement. Il était efficace dans l’accompagnement et bon dans les 2 ou 3 chorus effectués. Pendant ce temps, un artiste réalisait une peinture représentant les musiciens sur la scène.

Peinture réalisée en direct

Peinture réalisée en direct

Le concert (2 fois 1h15) se terminait en feu d’artifice avec un « Twist and shout » qui ne laissait personne assis. Les spectateurs enthousiastes en redemandaient mais le concert ayant été d’une telle intensité qu’on devait se quittaient là. Un grand moment et du funk de grande classe. (Pardon pour la mauvaise qualité des photos mais, sans flash et avec aussi peu de lumière, et en plus, des spots rouges et bleus …)

 

Nola’s news # 40

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

La dernière journée du Bayou Boogaloo Festival a commencé sous une chaleur étouffante, torride et à 14h20, c’est le « Mike Dillon’s New Orelans Punk Rock Percussion Consortium » qui animait 1 des 3 scènes installées au bord du Bayou St John, pratiquement le seul endroit où à la Nouvelle Orléans il y a un peu d’air (relativement) frais.

Mike Dillon's New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Mike Dillon’s New Orleans Punk Rock Percussion Consortium

Avec ce génial musicien (Mike Dillon), il faut s’attendre toujours à tout et le style Punk rock n’était pas la bonne étiquette. En effet, Mike Dillon avait rassemblé autour de lui, 4 autres vibraphonistes et non des moindres (Jason Marsalis, Otto Schrang, entre autre)  et un certain nombre de percussionnistes (dont l’extraordinaire batteur, Stanton Moore)

Jason Marsalis

Jason Marsalis

pour interpréter ses compositions. Tout ce beau monde passait du vibraphone aux percussions et on assistait à une suite de plus ou moins longs morceaux qui sidéraient littéralement le public. Mike Dillon est certes un magnifique compositeur mais aussi, un remarquable vibraphoniste, un percussionniste hors pair, un meneur, un animateur, un showman et un formidable chef d’orchestre.

Mike Dillon

Mike Dillon

Sous sa direction, les 12 musiciens sur scène se transcendaient et offraient un spectacle exceptionnel. On passait du jazz fusion au free en passant par la musique de fanfares, ce qui caractérise bien ce musicien inclassable. Otto Schrang, un de ses élèves s’en donnait à coeur joie

Otto Schrang

Otto Schrang

et les musiciens assurant les percussions, dont l’extraordinaire batteur Stanton Moore, se régalaient sur cette suite de mouvements, écrite par Mike Dillon.

Stanton Moore

Stanton Moore

Le public exultait à chaque morceau et les musiciens prenaient un plaisir particulier sur scène. Jason Marsalis se trouvait (pour une fois) interprète et visiblement s’amusait bien lorsque Mike, face à lui, le provoquait.

Jason Marsalis & Mike Dillon

Jason Marsalis & Mike Dillon

Malgré la chaleur intense, musiciens et public prenaient un réel plaisir. D’ailleurs, les festivaliers avaient du mal à laisser partir tous ces extraordinaires musiciens car ils avaient envie de les pousser dans leurs derniers retranchements. Bon, il faudra attendre l’année prochaine, peut-être, pour voir ça. Toujours est-il que nous avons assisté (encore une fois) à un concert exceptionnel (malgré la chaleur). Suivait ensuite un autre concert sur la même scène avec une toute autre musique. Dans les « 101 runners », on retrouvait l’exceptionnel guitariste June Yamagushi

June Yamagushi

June Yamagushi

et l’incontournable pianiste, Tom Worrell.

Tom Worrell

Tom Worrell

Et quand on voit Tom Worrell (Wild Magnolias, Big Chief Bo Dollis, etc …), les indiens ne sont pas loin … d’ailleurs, les voila qui arrivent sur scène.

Indians

Indians

Les voici donc avec leurs chants lancinants et répétitifs mais tellement entraînants. Et, le groupe, amené avec beaucoup de métier et de compétence par Tom et June, donnent la vrai mesure de ce funk indien,si particulier.

101 Runners

101 Runners

La foule se rue au bord de la scène pour reprendre les refrains et danser sur ce rythme transcendant. Et, croyez-moi, les indiens savent mettre l’ambiance en se pavanant dans leurs splendides costumes.

Indian

Indian

Mais la chaleur aura eu raison de nous et nous avons dû déclarer forfait pour le concert de Ian Neuville’s Dumstafunk. On reviendra l’an prochain …

La soirée n’était pas pour autant terminée car elle se poursuivait, cette fois à la clim, au club de Frenchmen street, « Vaso » où se produisait le bluesman louisianais, Troy Turner.

Troy Turner

Troy Turner

Alors, comme chaque formation au Bayou Boogaloo Fest, Troy Turner rendait un bel hommage à Mr BB King qui a tellement influencé de musiciens, en interprétant, entre autre, un « Thrill is gone » poignant que tout le très large public qui avait investi le lieu, applaudissait avec ferveur, comme pour remercier le « maître du blues ». Gros succès pour ce trio qui se produit chaque semaine.

Troy Turner Trio

Troy Turner Trio

Excellent concert qui clôturait, grâce à la clim et une bonne margarita, une magnifique journée.

 

Nola’s news # 33

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Soul Project

Soul Project

Après plusieurs parades dans la ville pour le « Mother day » (et oui, ici, la fête des mères, c’est le 2ème dimanche de mai) et un bon mal aux pieds, c’est une soirée encore endiablée qui nous attendait. « Soul Project » était au club « Maison » sur Frenchmen street et il ne fallait pas les rater. Ce quartet diffuse une musique soul funk à tout casser. C’est vrai que les décibels maltraitaient nos pauvres oreilles … et nos pieds car, impossible de rester assis. Le saxophoniste est une « bête » du genre. Il participe à plusieurs projets et à chaque fois, il s’attire les faveurs du public.

sax

sax

C’est un saxophoniste qui excelle dans le genre funk et avec le co-leader Jérémy Habegger, ils dialoguent avec beaucoup de complicité. Le claviériste Jérémy Habegger est un franco-américain qui s’est installé à Nola, il y a 5 ans et depuis, participe à ce projet. C’est toujours lui qui propose et introduit les morceaux.

Jérémy Habegger

Jérémy Habegger

Et, c’est du gros soul funk que nous proposaient donc ces 4 musiciens pour la danse. Et, ceux qui n’avaient pas fini de fêter « Mother day » étaient bien là pour danser et se trémousser. Tous les âges étaient représentés et tous venaient faire la fête avec « Soul Project ». Il est vrai qu’avec autant d’énergie déployée sur la scène, on ne pouvait pas être insensible et le public en redemandait. Un bon batteur, lui aussi infatigable, et un très bon bassiste qui n’hésitait pas à prendre de superbes chorus.

Bassiste

Bassiste « Soul Project »

Batteur "Soul Project"

Batteur « Soul Project »

Tous les quatre reprenaient les refrains mais c’était surtout Jérémy Habegger, le claviériste, desservi pourtant par une sono trop mal réglée qui assurait le chant. Les 2 partenaires, clavier et sax, se stimulaient et nous faisaient passer encore, une très bonne soirée.

les co-leader de "Soul Project"

les co-leader de « Soul Project »

Jérémy Habegger a plusieurs cordes à son arc puisque, la journée, il est un guide très spécial car il propose de faire découvrir pourquoi et comment le jazz est né à La Nouvelle Orléans, mais nous en reparlerons …

 

 

 

 

 

Nola’s news # 31

Yisrael Family

Yisrael Family

Pour commencer une bonne soirée, rien de tel qu’une margarita en écoutant de la bonne musique. Une petite visite à nos amis de « Yisrael Family » au « Batch Bar » à l’angle de Dauphine street et d’ Iberville street, dans le French Quarter. Les Yisrael proposaient un répertoire adapté à ce salon de grand hôtel. Répertoire cool avec des standards et une bossa nova que Yirmeyahu, son frère et sa soeur interprétaient avec douceur.

Yirmeyahu Yisrael

Yirmeyahu Yisrael

Toujours un plaisir d’écouter ces jeunes au talent incontestable. Puis, après une vingtaine de minutes de streetcar (« Tramway nommé désir »), direction Oak street pour le « Maple Leaf ».

Maple Leaf Bar

Maple Leaf Bar

L’antre du funk néo-orléanais était animé par John « Papa » Gros surnommé aussi « Papa Gros Funk ».

John "Papa" Gros

John « Papa » Gros

Alors, si John Gros n’est pas le meilleur chanteur funk de la région, il est indéniablement un des chefs de file du funk néo-orléanais. C’est, en tous cas, un des meilleurs organistes du genre. Et, hier soir, il l’a prouvé en réalisant une performance de 2h45 sans pause.

John "Papa" Gros

John « Papa » Gros

Certes, autour de lui, un quintet de rêve, tout à son écoute et qui groovait. Une section rythmique exemplaire : le batteur, Russ Broussard qui faisait le boulot à la perfection,

Russ Broussard

Russ Broussard

et Eric Vogel qui assurait une ligne de basse impeccable et prenait même quelques beaux chorus,

Eric Vogel

Eric Vogel

et 2 formidables guitaristes, Andrew Block et Jake Eckert qui enflammaient le Maple Leaf. La complicité avec John Gros, principalement à l’orgue comme d’habitude, même s’il prenait quelque fois le clavier électrique, était évidente.

John "papa" Gros Quintet

John « papa » Gros Quintet

Il dirigeait cette formation avec maîtrise et relançait sans cesse ses musiciens, les obligeant à souvent se surpasser. Et, dans cet exercice, c’est Jake Eckert qui se tirait la part du lion en se lançant, toujours à la demande du leader, dans des longs solos de toute beauté qui suscitaient les cris de joie du public. Parfois sensible, au bottle neck, parfois tonitruant avec les diverses pédales utilisées mais toujours avec une virtuosité incroyable, il émerveillait le public.

Jake Eckert

Jake Eckert

L’autre guitariste était plus discret et se contentait souvent d’assurait l’accompagnement même si Jake et surtout John lui demandaient de se mettre en avant.

Jake Eckert et Andrew Block

Jake Eckert et Andrew Block

Nous assistions à un concert de funk de très haut niveau et d’une virtuosité (j’insiste) inouïe. Comment tous ces musiciens restent encore trop méconnus chez nous ? L’ambiance était évidemment à la fête en ce vendredi soir, mais le public était conscient qu’il assistait à un grand moment de musique, de funk, avec ces infatigables musiciens qui prenaient véritablement plaisir à jouer ensemble. John Gros est tellement généreux qu’il stimule son entourage à lui aussi, donner le meilleur de soi. Inoubliable soirée qui nous poussait tard, très tard dans la nuit. Nous étions comblés. Merci Messieurs pour cette merveilleuse soirée. John Gros, avec sa gentillesse habituelle, me chargeait de passer son bon souvenir (entre autre) à tous les Périgourdins qu’il va sûrement retrouver prochainement. La commission est faite.

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou