Nola’s news # 39

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Encore un festival à New Orleans ? Les néo-orléanais disent qu’il n’y a pas assez de week end dans l’année pour organiser des festivals. Celui-ci marque en principe le début de la saison chaude … et c’est vrai. Heureusement, le « Bayou Boogaloo Fest » est organisé au bord du bayou St John et c’est le seul endroit à Nola où il y a un peu d’air … pas frais mais ça donne l’impression. Durant 3 jours, 3 grandes scènes sont installées le long de ce bayou et c’est un festival (gratuit) ou les gens viennent en famille et certain font même du canoé, du pédalo … du radeau et de toute autre forme d’embarcation (ils ont de l’imagination). Côté musique, on y trouve du jazz (Tom McDermott, Meshiya Lake, Davis Rogan,…), du Blues (Kim Carson …), du punk rock (Mike Dillon, …), du Zydeco (Terrance Simien …), des Brass Band et beaucoup de funk. Et c’est justement le funk des « Wild Magnolias » qui nous a intéressé. C’est une magnifique formation avec un guitariste extraordinaire, Jake (John « papa » Gros)

Jake

Jake

et l’incontournable pianiste Tom Worrell, toujours aussi efficace.

Tom Worrell

Tom Worrell

Et bien entendu, on trouve au chant Bo Dollis Jr, superbe chanteur et showman.

Bo Dollis Jr

Bo Dollis Jr

Et Big Chief Bo Dollis Jr est toujours accompagné d’ indiens en costume qui viennent parader et assurer des chants.

Wild Magnolias Indians

Wild Magnolias Indians

Indian

Indian

Cette musique et l’ambiance qu’elle procure ne peut vous laisser indifférents et assis dans votre fauteuil. Car, c’est une véritable invitation à la danse que proposent ces musiciens. Et Bo Dollis et ses indiens viennent même se mêler à la foule pour faire quelques pas de danse.

Indians

Indians

Bo Dollis et sa soeur

Bo Dollis et sa soeur

Le spectacle est total car les costumes des indiens sont magnifiques et la musique excellente. Du funk de toute beauté.

Indian

Indian

Du funk, oui, mais avec une touche tellement particulière comme, seuls Bo Dollis et ses indiens savent proposer. Tant et si bien qu’après ça, le concert qui suivait paraissait presque fade. Et pourtant, là encore de très bons musiciens offraient une musique, peut-être (pour moi, du moins) trop variée. Mené par le bassiste-chanteur  Tony Hall,

Tony Hall

Tony Hall

nous passions du funk au rythm’n blues en passant par du reggae et du rock. Bon, très bien fait mais pas passionnant. Il fallait attendre le dernier concert de la soirée pour se relancer dans la frénésie d’une superbe prestation des « New Orleans Suspects ». On y retrouve encore ce merveilleux guitariste (que finalement beaucoup de groupes s’arrachent) Jake. Et, tout de suite, c’est lui en tant que guitariste mais aussi chanteur qui attire l’attention.

Jake

Jake

Un très bon pianiste qui prenait également des initiatives au chant ou sur l’instrument,

pianiste

pianiste

et un saxophoniste tonitruent qui faisait des interventions magnifiques.

Saxophoniste N.O. Suspects

Saxophoniste N.O. Suspects

Particulièrement bien soutenus par un bassiste efficace et une batterie performante, ils offraient un funk d’une qualité extrême. Une autre sonorité que les Wild Magnolias et la guitare et le saxophone étaient mis en avant.

New Orleans Suspects

New Orleans Suspects

Le guitariste faisait évidement un hommage au maître disparu, BB King, très apprécié du public qui n’a pas cessé de gigoter pendant 1h30. Magnifique concert.

 

Nola’s news # 34

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Fin d’après-midi très particulière en ce lundi puisque nous assistions au club « Ooh Poo Pah Doo », ou plutôt à l’angle de la rue où était monté une scène, pour un hommage à un trompettiste local, décédé brutalement lors d’une tournée au Japon, la semaine dernière. Travis « Trompet Black » Hill n’avait que 28 ans était déjà reconnu à Nola où il remplaçait régulièrement Kermitt Ruffins lorsque celui-ci était en tournée. Il était le cousin de James Andrews, Glen David Andrews et Troy Andrews (Trombone Shorty), tous étant des musiciens importants de Nola.

Travis "Trompet Black" Hill

Travis « Trompet Black » Hill à Ooh Poo Pah Doo club

Nous l’avions croisé, justement à « Ooh Poo Pah Doo » une quinzaine de jours avant puisqu’il y animait les « Mondays trompets summit » chaque semaine. Toute la communauté de Tremé était là et de nombreux musiciens étaient venus pour lui rendre hommage (Kermit Ruffins, Big chief Bo Dollis Jr, Rockin Dopsie Jr, son cousin James Andrews, …). Tous ne pouvaient monter sur scène mais étaient présents autour de la famille pour honorer Trompet Black en jouant de la musique et en dansant. Et oui, on est la Nouvelle Orléans où tout se passe en musique.

Walter "Wolfman" Washington

Walter « Wolfman » Washington

Walter « Wolfman » Washington était là pour interpréter 4 chansons,

Hot 8 Brass Band + invités

Hot 8 Brass Band + invités

Le Hot 8 Brass Band avait invité quelques autres musiciens à se joindre à eux et faisaient danser la foule amassée devant le podium où photographes et caméramens se disputaient la meilleure place.

New Beed Brass Band

New Beed Brass Band

Le New Breed Brass Band prenait le relai dans l’effervescence. Les femmes brandissaient leurs ombrelles en dansant et les hommes, les mouchoirs blancs, d’autres dégustaient des crawfish (écrevisses) confortablement installés sur les fauteuils pliants. Véritable ambiance de deuil …. à New Orleans ! Comment seront les obsèques ?

Brother Tyrone

Brother Tyrone

Brother Tyrone était évidement présent car il partageait, tous les lundis, les « trompet summit » à l’Ooh Poo Pah Doo ».

Indien

Indien

La communauté indienne était également représentée sur la scène comme dans le public avec beaucoup de ferveur. Les danses sont toujours très démonstratives et appellent souvent à la transe. Le Rebirth Brass Band puis le Treme Brass Band se relayaient et une « second line » s’organisait jusque chez la grand-mère de Travis, à quelques centaines de mètres plus loin. Bizarre impression partagée entre recueil et fête.

 

Nola’s news # 18

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Jazz Fest 2015

Jazz Fest 2015

Cette édition 2015 du Jazz Fest débutait avec une chaleur intense et orageuse mais les festivaliers étaient toujours aussi nombreux et nous y retrouvions quelques relations venues pour l’occasion, de divers états. Le JazzFest est toujours un marathon et nous commencions avec du blues.

Larry Garner

Larry Garner

Larry Garner, sa superbe voix et son jeu de guitare sensible nous proposait un blues du Delta bien sûr avec beaucoup de tendresse et de générosité. C’est un bluesman à part qui, comme Kenny Neal, revendique cette forme de blues si particulière et émouvante.

Larry Garner

Larry Garner

Toujours un ravissement d’écouter ce merveilleux artiste et le public était venu nombreux sous cet immense chapiteau appelé « Blues Tent ».

On passe au chapiteau à côté , « Jazz Tent » pour écouter cette fois un jeune homme de 81 ans (je dis un jeune homme car, si vous aviez vu la pêche …), saxophoniste réputé puisque néo-orléanais et qui s’adonne depuis toujours au free jazz.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

Kidd Jordan commençait donc en présentant son 4Tet et en saluant le public nombreux (connaisseurs et curieux) et en le remerciant d’être là au début de son concert car il ne sait pas s’il y aura autant de monde à la fin … Son humour est intact, sa fougue et son plaisir de jouer le sont aussi. Il se régale à improviser avec ses complices et joue des thèmes personnels qu’il déstructure pour mieux les restructurer avec une vivacité surprenante.

Kidd Jordan

Kidd Jordan

Il joue sans arrêt et ses compagnons de jeu s’amusent tout autant. Bref, un très bon moment musical.

Un petit tour au Village Indien pour voir différentes danses indiennes expliquées par un narrateur venu des tribus du nord, à la frontière canadienne.

Tribu indienne du nord

Tribu indienne du nord

Quelques belles démonstrations retraçant les coutumes de ces premiers occupants des Etats Unis et du Canada.

Indien du nord

Indien du nord

Je vous passe le moment si agréable du repas (cochon de lait Po-boy) avec quelques crawfish (écrevisses) et ce goûteux sandwich au cochon de lait … un régal. Bon, le coca par-dessus va faire sursauter les épicuriens mais, on est au Jazz Fest et le vin n’est pas le breuvage courant …

Restauration au Jazz Fest

Restauration au Jazz Fest

Sur la scène « Fais Do Do », c’est un blues cajun que proposait le chanteur/guitariste Paul Sanchez. Toujours beaucoup de monde devant cette scène où les Cajuns se donnent rendez-vous pour danser le one step. Les paroles sont le plus souvent en cajun, ce mélange de vieux français et de créole et quelques spectateurs chantent les refrains aux consonances  acadiennes.

Scène "Fais Do Do"

Scène « Fais Do Do »

C’est vraiment amusant d’entendre parler ces gens si sympathiques parler ce cajun et qui revendiquent leur appartenance à la culture française. Un moment agréable.

Paul Sanchez

Paul Sanchez