Yilian Cañizares « Invocatión » #7 Jazz à Oloron

Chronique de Fatiha Berrak, photos Thierry Dubuc

Le 30 juin 2017, salle Jéliote à Oloron Sainte Marie

Le magazine Les Inrockuptibles parle d’une « orchestration jazz mêlée de percussions empruntées aux rituels yoruba. » Elle chante en espagnol, en yoruba et en français et l’une de ses particularités est de chanter et de jouer du violon en même temps.

Yilian Cañizares (violon chant),

Daniel Stawinski (piano),

David Brito (contrebasse),

Cyril Regame (batterie),

Inor Sotolongo (percussion)

Décidément c’est un jour d’automne en été !

Heureusement la vraie saison nous attend à l’intérieur de la salle Jéliote. Encore tout recroquevillés et amassés devant la porte d’entrée sous les pépins dégoulinants, qu’à cela ne tienne, ça ne se prolongera pas trop longtemps.

Ouff ! Autant vous dire que Yilian Cañizares et son aura de bon génie était ardemment attendue et pour cause !

Enfin, c’est l’entrée des artistes, d’abord celle de David Brito à la contrebasse, il s’échappe seul  paisiblement dans la pénombre et dispense ses premières notes aux 400 paires d’oreilles avides de sonorités calientes. Il est peu à peu suivi par Inor Sotolongo, Cyril Regame, Daniel Stawinski et enfin la belle violoniste chanteuse suisse, d’origine Cubaine.

Yilian Cañizares va de par son savoir faire nous captiver dans un tourbillon mêlant la parole au chant et le jeu du violon à la danse, le tout sous le drapeau de l’amour qu’elle cueille et brandit sur son chemin. Lorsque la soirée se termine tout le publique reconnaissant lui offre un tonnerre d’applaudissements et des bravos à tous vents !

Sa discographie :

Ochumare Quartet

•2009 – Caminos

•2011 – Somos Ochumare

Yilian Cañizares

•2013 – Ochumare, Naïve Records

•2015 – Invocación, Naïve Records

Toutes les photos sur : http://thierrydubucphotographe.zenfolio.com/p835734039

Yaron Herman dix ans plus tard #6 Jazz à Oloron

Chronique Fatiha Berrak, Photos Thierry Dubuc

Yaron Herman Trio

Le Jeudi 29 Juin 2017 à la salle Jéliote

Yaron Herman, clavier

Ziv Ravitz, batterie, voix

Bastien Burger, basse électrique, clavier, voix

 

Oui il « y » a  déjà dix ans et pour la première fois, le jeune artiste donnait un concert devant le public d’Oloron-Sainte-Marie, qui a su reconnaitre son talent et le reçoit aujourd’hui pour la troisième fois.

Nous voilà devant ce cocktail savoureux savamment dosé, composé d’électro, post-rock et jazz. Avec la sortie de l’album « Y » Le binôme Herman, Ravitz, se voit riche d’un nouveau membre, le bassiste Bastien Burger, qui vient donner un angle supplémentaire et ajouter de la rondeur harmonique au moyen entre autres des vocalises.

Nous sommes peut-être, au bout d’une allée ombragée pour une ballade romantique auréolée de douceur qui se voit éclairée de notes lumineuses, lorsque s’élève derrière les trois musiciens, une brume passagère telle un pont suggérant le contraste.

Il y a aussi le titre « Jacob » thème  d’abord électro, puis plus évanescent, qui laisse s’entrouvrir des fenêtres par où des chants ethniques lointains nous parviennent comme une mémoire intact, quant au piano, il laisse s’échapper ses mots tels des vagues venues couvrir et enfin tout emporter dans son courant.

Les maitres du jeu ce soir, nous livrent également des sonorités évoquant les esprits d’une Afrique victorieuse au coeur battant fort, suivi de ses chauds frissons sous les doigts de Yaron Herman.

Sans parler de ce même piano qui joue à tourner les pages du temps calmement, afin de le voir défiler avec ses peines et ses joies. Dans ce tableau où rien n’est tout noir ni tout blanc et où osent s’aventurer des larmes de couleurs aux allures d’aurores boréales.

Il y a aussi ce solo de batterie totalement fou ! Qui nous laisse assis et encore cet autre moment, plus jazz électro qui brusquement cède au silence et aux voix teintées d’une certaine spiritualité sculptée sur notes, qui toujours erre sans jamais dériver …

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin !  C’est après deux ovations que se retrouvent  Yaron Herman et Ziv Ravitz pour un face à face autour du piano, l’un est à sa place l’autre, tête et main plongées dans l’antre de la grande boite à musique pour en extraire les dernières singulières percutions.

 

Patricia Barber incontournable # 5 Jazz à Oloron

Dimanche 25 juin 21h00, salle Jéliote

Chronique de Dominique Legeay, photos de Thierry Dubuc

Patricia Barber, piano, vocal
Patrick Mulcahy, contrebasse
Jon Deitemeyer, batterie

 

La salle Jéliote était complète pour écouter une référence, un must, une authentique chanteuse de jazz. Devant un public qui lui était acquis dès les premières mesures elle a avec métier et décontraction fournit une prestation conforme aux attentes de ses admirateurs.

Assise devant un piano sans abattant, elle a démontré son sa maîtrise dans l’interprétation des grands standards du jazz mais aussi son talent de compositrice de chansons vives et intelligentes dans des climats envoûtants.

Le Luxembourg à l’heure du trio # 4 Jazz à Oloron

Dimanche 25 juin 21h00, salle Jéliote

Chronique de Dominique Legeay, photos de Thierry Dubuc

Michel Reis, piano
Marc Demuth, contrebasse
Paul Wiltgen, batterie

 

RDW ce n’est pas le nom d’un robot musicien mais l’acronyme de Reis, Demuth, Wiltgen un trio, piano, contrebasse, batterie, venu du Grand Duché pour présenter aux festivaliers du piémont pyrénéen leur conception et leur approche musicale de cet art particulier en jazz. Leurs compositions sont mélodiques, bien structurées, conformes à l’exigence de l’exercice. Ils alternent des thèmes rythmés et balades avec aisance.

Concernant le rythme justement, la pulsation apportée par Paul Wiltgen est vitale c’est le pilier de la formation.

Michel Reis au piano excelle dans les balades, on peut juste regretter qu’il n’aille pas plus avant dans ses improvisations entrainant ainsi un Marc Demuth discret à la contrebasse.

L’ensemble est agréable à l’écoute et sur la fin de la prestation ce trio a su se libérer provoquant deux rappels des nombreux spectateurs présents, à suivre…

Itamar Borochov, un trompettiste essentiel # 3 Jazz à Oloron

Samedi 24 juin 21h00, salle Jéliote

Chronique de Dominique Legeay, photos de Thierry Dubuc

Itamar BOROCHOV, trompette
Alessandro LANZONI, piano
Yoni ZELNIK, contrebasse
Francesco CINIGLIO, batterie

Samedi soir le Festival Des Rives & Des notes accueillait le quartet d’Itamar Borochov, une découverte pour certains, un artiste déjà confirmé pour d’autres.

Basé depuis de nombreuses années à New York après avoir passé son enfance à Jaffa en Israël, il a démontré, mais on s’en doutait un peu qu’il devient un trompettiste incontournable de la scène actuelle.  Il met sa technique au service de chorus d’une musicalité immédiate et subtile.

Dans son jeu on trouve autant de force que d’expressivité, un phrasé fluide, l’art du contrepoint, un vibrato splendide. Ses compositions balancent entre la langueur orientale et un hard bop trépidant. Le set est dépouillé, sans fioritures, il conduit son quartet à l’essentiel, l’épicentre de sa musique.

Solo Show avec Guillaume PERRET # 2 Jazz à Oloron

Samedi 24 juin 17h00, salle Jéliote

Chronique de Dominique Legeay, photos de Thierry Dubuc

Ce concert pourtant en solo a nécessité une grosse mise en place pour le son, l’éclairage, la video… que tous les techniciens qui l’on rendu possible en soient ici remerciés. Il a commencé en retard à cause d’un souci de voiture rencontré par le musicien entre Paris et Oloron. On est ensuite rentré dans  le vif du sujet dès la mise en route de la sax machine.

Seul au milieu de la scène avec à ses pieds une multitude de pédale à effets, entouré de samplers Guillaume Perret se mue en homme orchestre du futur. Les titres s’enchaînent avec des ambiances et des références musicales très différentes. On passe de sonorités orientales au dub, du swing à l’électro, des grandes orgues à une transe hypnotique, merveille de l’électronique ! Le maestro DJ joue bien sûr du ténor avec fougue et dextérité.

Ce spectacle total, atypique, ébouriffant symbolise un courant du jazz actuel, sûrement de l’avenir pour l’énergie qu’il dégage et les  univers qu’il explore.

Natalia M King en reine du blues # 1 Jazz à Oloron

Début de la 24ème édition du festival de Jazz « Des Rives & Des Notes » à Oloron Sainte Marie

Vendredi 23 juin 21h00, salle Jéliote

Natalia M. King, vocal, guitare
Fred Nardin, piano
Thomas Bramerie , contrebasse
Donald Kontomanou, batterie
Cesar Poirier, saxophone

Chronique de Dominique Legeay, photos de Bernard Hiez (1ère) et de Patrick Peyroutet (2ème)

Le blues était à l’honneur pour le concert d’ouverture de la 24ème édition du Festival Des Rives & Des Notes avec la charismatique Natalia M KING qui a irradié par sa présence scénique un public nombreux vite captivé ne demandant qu’à partager le blues sous toutes ses formes.

Elle est en effet, grâce à sa tessiture vocale, capable de délivrer au fil des titres un blues aux multiples facettes : tantôt intimiste et triste “I’ve Changed, enjoué “Ring Ring Dingaling”, jazzy pour une reprise de “Stormy Weather”… Simple, naturelle, délaissant parfois sa guitare pour “bousculer“ par sa seule voix ses partenaires de scène et les inciter à faire vivre un blues qu’elle incarne et qu’elle aime.