Nola’s news # 28

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Pour cette fin de journée au JazzFest, nous visitions le pavillon de la Nocca. En effet, pour la 1ère fois au JazzFest, était dressé un magnifique pavillon en l’honneur de la Nocca et de l’apprentissage des arts (danse classique, contemporaine, musique classique et jazz, photographie, art culinaire, etc …). C’ était bien sûr, la classe jazz qui était représentée et une exposition de photos revenait sur les débuts de cette high school créée en 1974. Particulièrement intéressante, cette expo, car on y voit des photos de Troy Andrews (Trombone Shorty) à l’âge de 6 ans, avec son prof, Wynton Marsalis, Harry Connick Jr à 10 ans et bien d’autres musiciens devenus des personnages marquants du Jazz.

Pavillon Nocca (JazzFest 2015)

Pavillon Nocca (JazzFest 2015)

Une belle scène y était également dressée et les élèves, actuels et anciens, venaient y jouer tout au long de la journée (et de la durée de JazzFest) devant un public intéressé. Et ce pavillon aura eu beaucoup de succès durant toute cette édition. Quand on sait que le record d’affluence au JazzFest a été pulvérisé samedi (plus de 100 000 spectateurs) on imagine bien la fréquentation des 12 scènes et donc de celle de Nocca.

John Michael et ses collègues (élèves de Nocca)

John Michael et ses collègues (élèves de Nocca)

On y retrouvait bien entendu, un des élèves prodiges de cette école, le jeune trompettiste John Michael qui, à 17 ans, est déjà invité par les chefs de file néo-orléanais (Irvin Mayfield, Donald Harrison, etc …). Un très bon moment entre passé et futur.

Et nous arrivions déjà au dernier concert, de la journée mais aussi du JazzFest 2015. Quel choix cornélien à faire, encore une fois. Sur « Acura stage », Trombone Shorty, sur « Gentilly stage », Dr John, à la « Blues tent », Buddy Guy, the Blind Boys of Alabama à la « Gospel Tent ». On aurait bien aimé se démultiplier mais, finalement, notre choix s’est porté sur le Christian McBride Big Band, à la Jazz Tent.

Ch. McBride Big Band

Ch. McBride Big Band

Quel plaisir de retrouver ce prodigieux contrebassiste qu’est Christian McBride. Dans son Big Band, 11 musiciens chevronnés dont le saxophoniste alto Antonio Hart (photo, ci-dessus, 2ème à gauche et ci-dessous)

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et le guitariste David Gilmore.

David Gilmore

David Gilmore

Ce magnifique Big Band dirigé de mains de maître par le leader, interprétait des compositions de Christian McBride avec des arrangements de tout beauté. Quelques très bons chorus de quelques uns des musiciens étaient appréciés du public mais quand le leader proposait ses solos de grande classe, avec le son bien rond qu’il a, ça provoquait des ovations. Il avait invité pour ce concert de clôture, la grande Dinne Reeves qui était visiblement très heureuse de se retrouver dans ce contexte et cette configuration.

Dianne Reeves

Dianne Reeves

Sa superbe voix et sa qualité de scat mêlées au son de contrebasse et ou de basse électrique du maître avec le soutien du Big Band, faisait de ce concert un des grands moments forts.

Christian McBride & Dianne Reeves

Christian McBride & Dianne Reeves

Elle interprétait quatre chansons et dialoguait à plusieurs reprises et longuement avec Christian McBride provoquant des éclats de rires.

Christian McBride

Christian McBride

Il invitait ensuite le chanteur Jeffrey Osborne que, pour ma part, je découvrais.

Jeffrey Osborne

Jeffrey Osborne

Belle voix de crooner et showman.

Christian McBride & Jeffrey Osborne

Christian McBride & Jeffrey Osborne

Tous deux s’amusaient bien et le public prenait du plaisir, mais le rideau devait tomber et cette édition 2015 du JazzFest, prendre fin. C’est toujours un moment particulier lorsqu’on quitte cette gigantesque enceinte et ses 12 scènes et que l’on converge vers la sortie. Les gens se regardent avec une joie mêlée toutefois de tristesse car, si le spectacle a été, encore fois à la hauteur, il faudra attendre 12 mois pour retrouver ce moment de bonheur. Heureusement pour nous, nous avons d’autres moments intenses et de grands rendez-vous musicaux qui nous attendent. Vive JazzFest !

 

Nola’s news # 26

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Dernier jour du JazzFest … déjà ! Temps chaud et orageux mais, sous la tente Jazz, les brumisateurs rafraîchissaient un peu, dès le matin 11h00. Et la journée commençait avec une jeune et belle pianiste (à tous les sens du terme) de Nola, qui a été formée, comme presque tous les grands musiciens locaux, à la Nocca (célèbre high school). Elle est maintenant, malgré son jeune âge, Docteur en musique et donne des cours.

Courtney Bryan

Courtney Bryan

C’est en quartet, avec une chanteuse, qu’elle avait décidé de se produire. Ca commençait un peu free et Courtney montrait sa parfaite maîtrise du piano. La chanteuse délivrait un message de paix et d’amour et se contentait de vocaliser, utilisant sa voix comme un instrument. Les magnifiques chorus, mains à plat sur le piano ou avec les poings fermés faisaient réagir le public qui l’ovationnait. D’autres morceaux plus structurés, mais toujours très modernes faisaient de ce concert une sacrée découverte et une bonne entame.

Courtney Bryan Quartet

Courtney Bryan Quartet

Un excellent bassiste et un bon batteur assuraient le soutien à cette musicienne qu’il faut suivre de près. La journée s’annonçait belle au vu du programme proposé. On poursuivait donc avec un remarquable quintet que les deux leaders avaient concocté.

Khari Allen Lee & Gregory Agid Quintet

Khari Allen Lee & Gregory Agid Quintet

Encore une formation locale dont les protagonistes sont issus de la Nocca. Certains y enseignent d’ailleurs encore  (Khari Allen Lee). Tous ces talentueux musiciens représentent l’évolution du jazz néo-orléanais. Ils interprétaient principalement des thèmes de grands compositeurs locaux qu’étaient Alvin Batiste et Harold Battiste (il y a beaucoup de Batiste à la Nouvelle Orléans avec plusieurs orthographes différentes).

Khari Allen Lee

Khari Allen Lee

Khari Allen Lee, excellent saxophoniste disait au micro qu’il fallait perpétuer cette musique à l’adaptant et en la faisant évoluer. Et c’est bien ce qui se passe. Le jeune Kyle Russell était au piano acoustique et électrique,

Kyle Russell

Kyle Russell

Barry à la contrebasse,

Barry

Barry

et l’exceptionnel Joe Dyson (The Bridge Trio) à la batterie.

Joe Dyson

Joe Dyson

Ces 3 superbes musiciens assuraient un soutien plus que confortable aux 2 leaders et prenaient, chacun leur tour, de magnifiques chorus, très applaudis. Du haut niveau et une belle musique revisitée. Gregory Agid, remarquable clarinettiste et très inspiré,faisait des merveilles sur les thèmes de son mentor.

Gregory Agid

Gregory Agid

Les duettistes étaient bien entendu ovationnés par le très large public venu, en connaisseur, les écouter. Ils réalisaient une prestation exceptionnelle qui se traduisait par une standing ovation de tous les spectateurs présents.

Khari Allen Lee & Gregory Agid

Khari Allen Lee & Gregory Agid

C’était vraiment un concert à ne pas manquer. Un beau répertoire et d’excellents musiciens déjà reconnus qui ont séduit le public qui avait du mal à accepter que ce concert se termine. Espérons que ça débouche sur un enregistrement pour prolonger ce moment unique de bonheur.

Suivait ensuite le quartet de Jason Marsalis.

Jason Marsalis Quartet

Jason Marsalis Quartet

C’est vrai que dans la famille Marsalis, un musicien peut en cacher un autre et c’est le plus jeune de la fratrie qui proposait un middle jazz très intéressant. D’autant qu’il présentait un trio de jeunes musiciens qu’il venait de découvrir en Californie et à qui il donnait une première chance, aujourd’hui. Ces 3 jeunes gens se produisaient donc, pour la première fois, sur une grande scène, lors d’un festival d’exception et avec Jason Marsalis. Le vibraphoniste laissait généreusement s’exprimer ses musiciens et démontrait son formidable talent.

Jason Marsalis

Jason Marsalis

Lui aussi disait qu’il fallait, avec la « next génération » pousser les portes et faire évoluer cette musique et l’esprit de la Nouvelle-Orléans et de sa musique. Décidément, ça devient un lei motiv et, effectivement, on assiste à cette évolution. Jason nous faisait une surprise et appelait l’aînée de ses filles (8ans) pour assurer au piano un magnifique thème « Just Blues » dont elle en réalisait l’intro.

Fille de Jason Marsalis

Fille de Jason Marsalis

On n’ a donc pas fini d’entendre parler des Marsalis ! Bon, maintenant, c’est l’heure des crawfish (écrevisses) et du cochon de lait po-boy (sandwich).