Nola’s news # 21

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Club Rock'n Bowl à New Orleans

Club Rock’n Bowl à New Orleans

Immense salle que ce « Rock’n Bowl » à New Orleans. On y joue bien sûr au booling, on y mange, on y boit et on y écoute de la musique en live. Hier soir, c’ était le début du « Rock’n Bowl JazzFest » et, dans une ambiance de fête (comme toujours à Nola), nous assistions, avec près de 500 spectateurs, à 3 mémorables concerts de blues.

Kenny Neal

Kenny Neal

20h30, c’est le Louisianais de Baton Rouge, Kenny Neal qui ouvrait les débats et qui devant un public très enthousiaste, présentait son dernier projet. Je dis Kenny Neal mais en fait, c’est la famille Neal qui, comme toujours est sur scène. Seul, le batteur ne fait pas partie de la famille. L’orgue, le piano électrique et synthétiseur, la basse et bien sûr, la guitare et le chant sont l’affaire des Neal. Et c’est bien un blues du delta, un blues du sud que Kenny nous offrait.

Kenny Neal

Kenny Neal

La foule était aux anges et reprenait allègrement les paroles des chansons pendant que Kenny sillonnait la scène de long en large pour venir au plus près de ses fans. Il se promenait même dans la salle, au milieu des spectateurs, pour jouer de l’harmonica et faire quelques pas de danses avec quelques spectatrices. Sa voix est toujours aussi agréable à écouter et son jeu de guitare toujours aussi fougueux.

Kenny Neal

Kenny Neal

Après un rappel et 1h30 de concert et un triomphe ô combien mérité, il venait discuter avec qui voulait et dédicacer son dernier CD.

La soirée avait donc commencée très fort et la Neal family avait placé la barre haute. Et pourtant, ça allait monter crescendo.

Sonny Landreth

Sonny Landreth

C’est l’immense, le formidable guitariste Sonny Landreth. Alors, pour ceux qui ne le connaissent pas, allez vite le découvrir sur le net. Il est aussi l’invité permanent d’ Eric Clapton dans ses « crossroads ». En trio et soutenu par une basse et une batterie sur sonorisée (comme presque toujours, ici) , il délivrait une musique entre jazz rock, blues rock, et rock avec une virtuosité époustouflante. Littéralement saisissant cet humble musicien.

Sonny Landreth

Sonny Landreth

Le public, en connaisseur ne s’y trompait pas et l’acclamait avec ferveur à chaque fin de morceaux souvent chantés. La formule du trio l’obligeait à jouer en permanence et il déversait un nombre de notes d’une beauté incroyable. Sa voix est juste mais c’est son jeu de guitare et sa créativité qui prévalaient.

Sonny Landreth

Sonny Landreth

Un vrai régal que cet intelligent et prolifique guitariste-chanteur, Sonny Landreth. On pensait que ça ne pouvait pas aller plus haut. Et pourtant, le 3ème concert de la soirée en était l’apothéose. En effet, c’est un triomphe que le public, encore nombreux en ce dimanche soir, réservait au bluesman Louisianais (Cajun) Tab Benoit.

Tab Benoit

Tab Benoit

Encore un formidable bluesman au style particulier, à découvrir. Il joue et chante le blues des bayous (immenses marécages Louisianais). Pour autant, s’il commençait, sous les ovations du public, par son blues particulier, Cajun, ventant le bien vivre Louisianais, il s’en écartait peu à peu pour présenter un blues moins roots et donc plus moderne, mais toujours en parlant de sa Louisiane. Et puis, le feu d’artifice commençait quand il opérait des changements dans son trio, offrant la batterie à un autre enfant du pays, le grand Brian Blade. Mais oui, ce formidable batteur de jazz venait accompagner, et de quelle façon, ce magnifique bluesman. Le blues se musclait et le public était sous le charme. Mais, l’embrasement n’était pas pour autant terminé puisqu’il invité un organiste (dont j’ai oublié le nom) qui donnait une autre couleur à cette formation. Le blues devenait encore plus subtil et les quelques chansons lentes faisaient danser les gens. La soirée atteignait alors le sommet quand il invitait à la basse, l’incontournable représentant du funk Louisianais, George Porter Jr (les Meters).

George Porter Jr

George Porter Jr

 

Tab Benoit

Tab Benoit

Brian Blade

Brian Blade

C’est aussi ça, la Nouvelle Orléans et le blues du sud que proposait Tab Benoit qui raconte en permanence que, si par exemple on va faire un tour à New York, on revient vite dans les bayous de Louisiane où il fait bon vivre et ou on « laisse le bon temps rouler ». Pour Tab, la Louisiane et les swamps sont toujours, toujours présents. Pour preuve, sur son ampli, il dépose une tête d’alligator, habitant omniprésent de ces lieux.

Alligator

Alligator

 

 

Nola’s news # 11

Indians saturday night.

Indians & Big Chief Monk Boudreau

Indians & Big Chief Monk Boudreau

Le fameux club « Maple Leaf » accueillait en ce samedi soir le célèbre Big chief Monk Boudreau et l’affluence était au rendez-vous. C’est effectivement un spectacle haut en couleurs et toujours une découverte d’une autre culture. Le quartet emmené par le pianiste Tom Worrell (que l’on voit avec tous les plus grands orchestres Indiens, entre autre) mettait le public en condition en jouant funky. Et puis, les indiens arrivent depuis le fond de la salle, se frayant un chemin au milieu de l’assistance.

Indians & Big chief Monk Boudreau

Indians & Big chief Monk Boudreau

Et là, le spectacle commence vraiment. La guitare et le piano électrique ne font plus que de l’accompagnement. La basse, très forte, trop forte est à saturation (mes tympans aussi) et le batteur ne se sert plus que de ses fûts. La musique est martelée, les longs refrains répétitifs des Indians sont repris par le public et les morceaux à la gloire des tribus indiennes de Louisiane durent une bonne vingtaine de minutes. Monk Boudreau et son large sourire chante, dialogue, esquisse quelques pas de danse indienne et s’amuse de voir le public l’imiter.

Big chief Monk Boudreau

Big chief Monk Boudreau

De la percussion puisque, même les indians jouent du tambourin et du chant, lancinant et répétitif et l’on va vers la transe. Le public se déchaîne (aidé par quelques bières et margaritas) et le Big chief se régale et nous aussi. Leurs somptueux costumes et leurs chants perpétuent la tradition de leurs ancêtres qu’ils se transmettent de génération en génération. Big chief chante la gloire des tribus Louisianaises (les Houmas), les souffrances de ce peuple mais aussi, la fierté d’être indien.

Indian

Indian

Il chantait à la gloire de cet état de Louisiane où il fait bon vivre. Monk Boudreau me confiait après le concert qu’il était heureux de vivre à New Orleans et racontait les difficultés que les indiens de sa tribu rencontraient dans l’Alabama et le Mississippi car ils étaient indiens noirs. Et c’est avec toujours un sourire généreux qu’il parle de sa musique et de ses traditions et avoue combien il regrette de ne pas parler français (juste quelques mots) car sa grand-mère le parlait (créole) mais, lorsqu’il était enfant, on leur interdisait le parler français. Un vrai bonheur de rencontrer cet homme plein de sagesse. Après un tel concert, on a vraiment l’impression d’avoir mis un pied dans un autre monde. Surprenant,décoiffant et riche, ce sont toutes ces cultures différentes que l’on croise à New Orleans.

Indian

Indian