Nola news 2017 # 1

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

 

Big easy for ever !

La Nouvelle Orléans, New Orleans ou encore Nwolins ou tout simplement Nola … bref the Big Easy est toujours la ville de la fête, donc de la musique. D’ailleurs, les néo-Orléanais disent qu’il n’y a pas assez de semaines dans l’année pour organiser des festivals. Et tous les ans on en créé de nouveaux. Cette année, c’est tous les mardis que l’on peut écouter de la musique dans le cadre du « Washington Park Music Festival » dans un petit parc, au bout de Frenchmen street, dans le French Quarter.

Hot 8 Brass Band

Chris Walker

Et puis, restent les clubs sur Frenchmen (14). Tous les mardis, c’est Gregory Agid quartet (talentueux clarinettiste-saxophoniste) qui anime durant 3 heures, le club « Maison ».

Gregory Agid 4Tet

Le célèbre club « Snug Harbor » programme d’excellents musiciens, 7 jours sur 7 et c’est le bassiste local, au nom français, Roland Guerin, qui est ce soir à l’affiche avec son quartet.

Roland Guerin 4 Tet

Le mercredi, il faut aller à « Lafayette square » pour écouter, toujours gratuitement, quelques stars locales ou louisianaises. George Porter Jr, fondateur de la célèbre formation des 60’s, les « Meters » se produisait en trio et nous faisait chanter sa basse électrique et faisait étalage de son talent de bassiste, mais aussi de chanteur, provoquant sans cesse ses coéquipiers et distillant un funk pêchu, pour le plus grand plaisir du millier d’amateurs venu l’écouter mais aussi déguster quelques crawfish (écrevisses) et boire quelques pintes de bière locale dans un ambiance familiale et bon enfant.

George Porter Jr

Nola’s news # 33

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Soul Project

Soul Project

Après plusieurs parades dans la ville pour le « Mother day » (et oui, ici, la fête des mères, c’est le 2ème dimanche de mai) et un bon mal aux pieds, c’est une soirée encore endiablée qui nous attendait. « Soul Project » était au club « Maison » sur Frenchmen street et il ne fallait pas les rater. Ce quartet diffuse une musique soul funk à tout casser. C’est vrai que les décibels maltraitaient nos pauvres oreilles … et nos pieds car, impossible de rester assis. Le saxophoniste est une « bête » du genre. Il participe à plusieurs projets et à chaque fois, il s’attire les faveurs du public.

sax

sax

C’est un saxophoniste qui excelle dans le genre funk et avec le co-leader Jérémy Habegger, ils dialoguent avec beaucoup de complicité. Le claviériste Jérémy Habegger est un franco-américain qui s’est installé à Nola, il y a 5 ans et depuis, participe à ce projet. C’est toujours lui qui propose et introduit les morceaux.

Jérémy Habegger

Jérémy Habegger

Et, c’est du gros soul funk que nous proposaient donc ces 4 musiciens pour la danse. Et, ceux qui n’avaient pas fini de fêter « Mother day » étaient bien là pour danser et se trémousser. Tous les âges étaient représentés et tous venaient faire la fête avec « Soul Project ». Il est vrai qu’avec autant d’énergie déployée sur la scène, on ne pouvait pas être insensible et le public en redemandait. Un bon batteur, lui aussi infatigable, et un très bon bassiste qui n’hésitait pas à prendre de superbes chorus.

Bassiste

Bassiste « Soul Project »

Batteur "Soul Project"

Batteur « Soul Project »

Tous les quatre reprenaient les refrains mais c’était surtout Jérémy Habegger, le claviériste, desservi pourtant par une sono trop mal réglée qui assurait le chant. Les 2 partenaires, clavier et sax, se stimulaient et nous faisaient passer encore, une très bonne soirée.

les co-leader de "Soul Project"

les co-leader de « Soul Project »

Jérémy Habegger a plusieurs cordes à son arc puisque, la journée, il est un guide très spécial car il propose de faire découvrir pourquoi et comment le jazz est né à La Nouvelle Orléans, mais nous en reparlerons …

 

 

 

 

 

Nola’s new # 23

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Très longue soirée musicale en ce mercredi. Cela commençait par le « Lafayette square Fest ». En effet, comme tous les mercredis, dans ce square, 2 concerts sont proposés. Ce mercredi, on passera sous silence le 1er concert … du folk variétoche … banal, inintéressant (du moins, pour nous). Cela nous aura permis de déguster tranquillement un excellent « cochon de lait Po-boy » et une non moins excellent crêpe nutella/bananas. Quant au régime musical, le second concert était assuré par la pianiste/chanteuse du cru, Marcia Ball. Le nombreux public était venu pour elle. Malheureusement, une maladresse (en cause sûrement, la digestion lente) nous prive de photos. Marcia Ball commençait par un bon swing des familles, accompagnant son chant au piano électrique. Elle s’était entourée de quelques musiciens locaux, tous aussi bons les uns que les autres et, en particulier un sax ténor que l’on peut croiser tous les soirs, dans divers clubs et avec plusieurs formations différentes. Un rock suivait avant de calmer le jeu et interpréter  2 slows, 2 chansons, à la Fats Domino pendant que dans le ciel, un avion dessinait un magnifique smile et un love. Et puis, on restait sur ces chansons (shuffle ou tempo rapide) qui vantent la Lousiane, ses bayous et bien sûr, New Orleans. Et, croyez-moi, cela a un ton et un son bien particuliers. L’orchestre groovait à merveille et le public dansait et ovationnait la vedette qui se donnait à fond. Et pourtant, elle devait assurer par la suite, 30 mn plus tard, un autre concert au Snug Harbor, lors d’un « piano night » avec Tom McDermott et Joe Krown. Un très bon moment.

Après quoi, direction Frenchmen street et le « Frenchmen Theater », grande salle de spectacle, au fond du club « Boogaloo » et dotée d’une immense scène, pour assister à la « 2nd Annual Guitar Night ». Enorme affluence pour écouter et applaudir le fabuleux guitariste/chanteur Sonny Landreth, puis Eric Krasno, Eric McFadden, Luther Dickerson et enfin, Ian Cunningham. (Toujours pas de photos, suite au dérapage incontrôlé). Excellente prestation de ce magicien des cordes qui rendait un hommage, fort apprécié, à Johnny Winter. Du rock au Blues, du Blues au Funk pour un très bon concert. Après quoi, nous avons jeté l’éponge car, d’une part, le répertoire du second et sa médiocre qualité de chanteur ne nous attirait pas, mais surtout, à quelques pas de là, à « Maison », c’est le trio de Kris Royal qui nous attendait.

Kris Royal Trio

Kris Royal Trio

Kris Royal est un remarquable saxophoniste que vous devez absolument découvrir si vous ne le connaissez pas. Un son et une inventivité formidables, tant dans le style fusion que dans le funk. Là, nous étions dans le « fusion » et le trio jouait dans une salle pas très garnie.

Kris Royal

Kris Royal

Mais, ceux qui étaient là, appréciaient et applaudissaient à tout rompre les chorus des uns et des autres. Il faut dire qu’il partageait la scène avec deux superbes musiciens, le batteur et le bassiste de « The Bridge Trio et de Donald Harrison. Extraordinaire ligne de basse que réalisait Max Moran et qui ne se contentait pas d’accompagner mais de créer, prenant des chorus de toute beauté et proposant quelques unes de ses compositions.

Max Moran

Max Moran

Quant au troisième, c’est l’excellent Joe Dyson qui tenait la batterie et faisait des merveilles, soutenant, pulsant, jouant avec aisance et créativité. Il faisait, lui aussi, des solos très remarqués et assurait une assise au trio sans jamais donner l’impression de forcer ou de peiner. Pourtant, il joue avec une rapidité déconcertante et une finesse sans égal.

Joe Dyson

Joe Dyson

Un formidable concert que ces 3 déjà grands jazzmen venaient de donner en interprétant des compositions de chacun d’eux. Enfin, avant d’arpenter Bourbon Street et rejoindre le street car (Tramway) pour rentrer, une courte halte à « BMC » pour écouter « Abney Effect » avec un Mario Abney, toujours dans une forme explosive, qui jouait de la trompette à tout rompre, chantait et dansait devant un public conquis qui venait faire la fête et terminer la soirée en beauté. Demain sera un autre jour.

 

Nola’s news # 22

Gregory Agid & guests : Khari Allen Lee, Delfeayo Marsalis et Tom Peyron

Gregory Agid & guests : Khari Allen Lee, Delfeayo Marsalis et Tom Peyron

Notre rituel du mardi commence toujours par le 4Tet du clarinettiste/saxophoniste Gregory Agid. Et hier soir, il ne fallait pas rater ce rendez-vous car c’était vraiment particulier. En effet, le quartet débutait avec de belles compos de Gregory, des anciennes et des nouvelles (du prochain CD en gestation). Toujours beaucoup de monde au club « Maison » à 19h00 pour ce concert de 3h00 en 3 sets. D’autant que, ce soir là, le quartet était transformé en quintet puisque le super saxophoniste Khari Allen Lee (enseignant à la célèbre high school Nocca) s’était joint à eux.

Khari Allen Lee, Gregory Agid, Delfeayo Marsalis

Khari Allen Lee, Gregory Agid, Delfeayo Marsalis

Le 3ème set voyait un autre invité de choix, cette fois imprévu, venir faire la jam : le tromboniste Delfeayo Marsalis, en personne. Le public était donc comblé et très attentif aux chorus de chacun qui sortait évidement le grand jeu. Vraiment du haut niveau. En fin de set, Gregory appelait à la batterie un petit frenchy en vadrouille à Nola et que nous connaissons bien puisqu’il s’agit de Tom Peyron, lauréat du Tremplin Action Jazz 2015 avec « Isotope ». Et Tom, un peu impressionné au début, était à la hauteur de cette invitation à jouer avec tout ce beau monde et de cet honneur qui lui était fait. Mais, ça se passe toujours comme ça à Nola. Tout le monde joue avec tout le monde, sans distinction de « hiérarchie » ou de niveau.

Tom Peyron

Tom Peyron

La soirée commençait donc très bien. Et puis, nous réussissions à obtenir 2 tickets pour le concert, à quelques dizaines de mètres de là, au Snug Harbor, pour écouter Dr Lonnie Smith – Donald Harrison quartet. Le 1er concert de 20h00 était archi complet, on s’en doute et le second, de 22h00 aussi.

Dr Lonnie Smith - Donald Harrison Quartet

Dr Lonnie Smith – Donald Harrison Quartet

Quel bonheur d’avoir pu assister à un tel concert. Le Snug Harbor était gavé de monde, de fans de l’un ou de l’autre, d’inconditionnels. Lonnie Smith faisait chanter son orgue Hammond avec, comme d’habitude, douceur, intelligence et subtilité.

Dr Lonnie Smith

Dr Lonnie Smith

DonaldHarrison faisait des merveilles et suscitait les ovations du public. Ce n’était pourtant pas facile de suivre le maître de l’orgue Hammond car il s’amusait tellement qu’il partait d’un thème à un autre, changeant souvent de tempo.

Donald Harrison

Donald Harrison

Plus timide mais tout aussi efficace, le guitariste local, Detroit Brooks qui se contentait de suivre. Il prenait toutefois trois superbes chorus qui suscitait d’importants applaudissements.

Detroit Brooks

Detroit Brooks

Et puis, derrière,  un jeune magicien avec ses baguettes faisait des merveilles. Humble, discret mais d’une redoutable efficacité et d’une intelligence de jeu extraordinaire, Joe Dyson (Bridge Trio, Donald Harrison quartet, …) faisait preuve d’une aisance et d’un facilité déconcertantes. Non seulement, il assurait un groove incroyable mais il réalisait 2 ou 3 solos qui forçaient l’admiration, certes du public, mais aussi des autres musiciens qui pourtant ont joué avec les plus grands. Ce jeune homme est déjà un grand batteur, dans la tradition de New Orleans (Johnny Vidacovich, Stanton Moore, Shannon Powell, etc …).

Joe Dyson

Joe Dyson

Quelques gags avaient étoffé ce concert comme par exemple, Lonnie Smith qui jouait de sa canne qu’il avait amplifié et qui avait un son de basse ou de guitare. L’humour et le plaisir étaient bien présents lors de cette soirée … exceptionnelle. Remarquable concert qui laissait à la sortie tout le monde sur un petit nuage. On en redemande.

Dr Lonnie Smith

Dr Lonnie Smith

Alain Piarou, Photos : Irène Piarou