Nola’s news # 32

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Si vous ne connaissez pas « Astral Project », de grâce, écoutez cette formation qui délivre un jazz de toute beauté.

Astral Project

Astral Project

Ces 4 compères se connaissent depuis de nombreuses années. Steve Masakowski, Directeur du Département Jazz de la U.N.O. (Université de la Nouvelle Orléans) représente aussi une grande famille de musiciens. Sa femme Ulrike est pianiste classique, leur fils Martin est contrebassiste et leur fille Sasha est une superbe chanteuse.

Steve Masakowski

Steve Masakowski

Le guitariste effectue une belle envolée sur, entre autre, « secret sky », pleine de finesse et de sensibilité. Le quartet joue des compositions mais aussi des reprises de Monk. Magnifique intro du batteur Johnny Vidacovich sur « second line » dans l’esprit de la Nouvelle Orléans et chacun prenait sa part, tour à tour avec intelligence et virtuosité. Lorsqu’on regarde Johnny jouer, on pense à un jongleur, à un mime ou à un peintre. Il est démonstratif, certes, mais élégant dans sa gestuelle et tellement efficace.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

On retrouve toujours le contrebassiste James Singleton dans toutes les formations qui privilégient la création musicale. Cet extraordinaire contrebassiste se met toujours au service des autres mais apporte aussi sa créativité au groupe. Il grimace et se donne systématiquement à fond. Un plaisir de le voir et de l’écouter.

James Singleton

James Singleton

Il propose une de ses magnifiques compositions « Cowboy Bill » dont l’intro est tout simplement remarquable. Quand tous les protagonistes ont proposé leur solo, James se lance dans une longue improvisation en utilisant par moment, l’archer. Formidable chorus qui attira de très larges applaudissements. Sur « Open space », c’est le ténor de Tony Dagradi qui était largement mis en évidence. « L’étranger » du groupe, comme le faisait remarquer avec humour, le présentateur, puisqu’il arrive du New Jersey, alors que les 3 autres sont des locaux, se distinguait à son tour par une belle introduction et deux solos bien construits, faisant référence à Billy Strayhorn.

Tony Dagradi

Tony Dagradi

Johnny Vidacovich assurait un drumming en finesse, comme il sait si bien le faire et Steve Masakowski laissait cour à son intelligence de jeu et au son, si particulier, de sa magnifique guitare à 7 cordes, principalement sur une composition lente « Flower is a … ». Ce superbe concert était donné au « Snug Harbor » haut lieu du jazz moderne à Nola, dans une ambiance feutrée. Un concert comme on les aime.

A écouter : Astral Project : « Bleu streak », « Elevado », « The legend of cowboy Bill » et de Steve Masakowski : « Things I live »

 

 

Nola’s news # 15

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Brad Walker sextet

Brad Walker sextet

Dans la famille Masakowski, un musicien peut en cacher un autre. Nous venions d’écouter le Père, Steve (guitariste), saluer la mère, Ulrike (pianiste classique) et c’est le fils, Martin (très bon contrebassiste) qui nous informait que sa soeur, Sasha se produisait un peu plus loin dans la rue. En effet, toujours sur Frenchmen street et 30 m plus loin, le club « Bue Nile » et upstairs, la salle à l’étage, dotée d’un immense balcon donnant sur l’agitation de la rue, se produisaitle sextet du jeune saxophoniste Brad Walker avec la belle et talentueuse Sasha Masakowski. Comme çà, en un soir, on a fait le tour de la famille. Pour notre 3ème concert de la soirée, nous avons eu une pensée particulière pour notre ami de route avec Action Jazz, Dom Imonk, car nous assistions dans une toute autre ambiance, à un concert je jazz expérimental, comme il aime. Sasha utilisait dans ce contexte sa merveilleuse voix comme un instrument de musique.

Sasha Masakowski

Sasha Masakowski

Sa voix s’intégrait à l’ensemble comme un sixième instrument, voire un septième car elle triturait aussi les boutons de son synthétiseur. Le plus souvent dans les aigus, elle dialoguait avec Brad Walker, l’excellent saxophoniste qui, à genou, faisait hurler son ténor. Le batteur et le contrebassiste provoquaient dans une musique improvisée où tout le monde trouvait, tour à tour ou ensemble, sa place. Une autre saxophoniste, alto, cette fois, dialoguait avec son homologue ténor pendant que l’inévitable guitariste, dans ce style improvisé, Cliff Hines, souvent à quatre pattes devant toutes ses pédales, offrait un accompagnement et/ou des improvisations tonitruantes et toujours très inspirées.

Cliff Hines

Cliff Hines

La saxophoniste laissait par moment de côté son alto pour prendre son accordéon et se mêler à l’improvisation collective. Brad Walker est l’initiateur de ce projet qui mérite d’aller plus loin. Encore un excellent concert devant un auditoire très attentif et captivé.

Brad Walker

Brad Walker

Nous voilà déjà à 1h00 du mat et le « Abney Effect » nous attendait au « BMC », à quelques pas de là. Mario Abney, toujours en grande forme, tantôt trompettiste, tantôt chanteur et toujours danseur, faisait son show. Le public présent, des habitués en majorité, le connaissant, venaient faire la fête avec lui. Car, avec Mario, un concert est toujours une fête collective d’une énorme intensité et d’un qualité extrême. Et je n’exagère pas.

Abney Effect

Abney Effect

Les excellents musiciens du groupe « chorussaient » tour à tour, sous la direction de Mario qui prenait de superbes solos. Comme toujours, infatigable, il s’adonnait à la danse et au chant dans l’esprit soul de James Brown. Mais, quel dynamisme et quelle virtuosité … C’est vraiment un musicien à découvrir, alors, amis organisateurs, si vous aimez le jazz, le funk, la soul, le style Brass Band et tout le reste, n’hésitez pas à programmer ce groupe et cet artiste qui mérite d’être découvert.

Mario Abney

Mario Abney

Bon, là, c’est terminé, 3h00 du mat, 4 concerts aussi intenses les uns que les autres, on jette l’éponge jusqu’à tout à l’heure pour d’autres rencontres, d’autres lieux … je dors déjà.

 

 

 

Nola’s news # 14

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Gregory Agid quartet

Gregory Agid quartet

Soirée intense à Nola, enfin, comme pratiquement toutes. Tout d’abord, le rendez-vous à « Maison » club sur Frenchmen street, avec, comme tous les mardis à 18h00, le fameux quartet de ce clarinettiste/saxophoniste en devenir qu’est Gregory Agid. Excellent début de soirée placé sous la bonne humeur car ces 4 musiciens se retrouvaient après quelques jours passés à NY pour 2 d’entre eux. La joie des retrouvailles et le plaisir de rejouer ensemble étaient flagrants et ça donnait un très bon concert. Ils interprétaient la musique de cet excellent CD que je vous recommande « Mistery Blues » (chroniqué dans la Gazette Bleue) ainsi que quelques standards ou autres compositions. Un début de soirée très alléchant avec un Gregory en grande forme qui s’apprête à faire 6 apparitions au JazzFest dans des contextes différents.

Gregory Agid

Gregory Agid

Le moment le plus intense de la soirée était à venir au « Snug Harbor » avec le Rick Margitza/Steve Masakowski quintet. Le club avait fait le plein pour les 2 concerts de 20h00 et de 22h00.

Margitza/Masakowski quintet

Margitza/Masakowski quintet

Il faut dire que c’était un événement car Rick Margitza habite Paris et n’est pas souvent de passage à Nola. Il fallait donc ne pas occulter le passage de ce formidable saxophoniste. Et puis, quel quintet ! Au saxophone donc, Rick Margitza, à la guitare, Steve Masakowski, grand maître de la guitare à 7 cordes, trop méconnu en France et pourtant, il a un passé Blue Note, ce qui n’est pas peu dire. Il est évidement très connu à Nola puisqu’il dirige le département Jazz de la fameuse université locale, la U.N.O.

Steve Masakowski

Steve Masakowski

Au piano, un autre personnage très influent et aussi très côté à Nola, le pianiste Michael Pellera qui lui est responsable du département Jazz de la Nocca, célèbre High school qui forme un nombre considérable de musiciens. Toute la jeune génération est passée par la formation de cette école et donc de Michael Pellera.

Michael Pellera

Michael Pellera

A la contrebasse, l’inévitable, l’incontournable, le génial James Singleton et sa bonne humeur.

James Singleton

James Singleton

Enfin, à la batterie, on trouvait l’omniprésent Johnny Vidacovich.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Le concert débutait avec un superbe composition de Steve Masakowski « Stepping stone » qui mettait déjà le public en condition. Une deuxième composition de Steve « Budapest » mettait en valeur sa virtuosité et il s’adonnait volontiers au tipping. Un guitariste de grande classe que je vous conseille de découvrir ou de redécouvrir. On assistait à des dialogues de grande classe entre Steve et Rick. Michael Pellera signait alors une de ses compositions « Carnival » et il se lançait dans un chorus de très haut niveau et d’une beauté indescriptible qui faisait réagir l’assistance. C’était alors au tour de James Singleton de présenter une composition originale « Blue Belly » avec une intro à la contrebasse, puissante et qui laisser supposer la suite particulièrement musclée du morceau. Là encore, des dialogues s’instaurent entre la basse de James et la batterie du spectaculaire Johnny Vidacovich. Dialogues de haut vol et des applaudissements mérités et fournis. Rick Margitza interprêtait alors « Barcelona Red » une de ses magnifiques compositions, lui permettant d’étaler son immense talent. Ses chorus suscitent de très vives réactions du public. Il faut dire que derrière tout ce beau monde, Johnny Vidacovich faisait preuve, comme toujours, d’un sens incroyable du groove, d’une finesse et d’une intelligence de jeu, incroyable. Et il prend toujours plaisir à duelliser avec tous ses autres partenaires. Michael Pellera me confiait à la fin du concert qu’il comparait Johnny à un peintre, au vu de son attitude quelque fois extravagante mais tellement créatrice et stimulante. Venait ensuite un standard  » Cry me a river ». Magnifique interprétation de cette magnifique chanson pleine de tendresse. C’est une autre composition de Rick Margitza « E-Jones » qui clôturait cet extraordinaire concert que l’on aurait tant aimer voir se prolonger. Mais, pitié pour les musiciens qui en étaient à leur deuxième concert d’affilé.

Rick Margitza

Rick Margitza

Voilà un concert qui restera dans les annales et encore une soirée inoubliable qui n’était pas finie pour autant. On en reparle. Et je vous conseille de fouiller les bacs des disquaires pour chercher les disques de ces extraordinaires musiciens qui n’ont pas, du moins en Europe, la place et l’aura qu’ils méritent.

S. Maskowski, Rick Margitza, James Singleton

S. Maskowski, Rick Margitza, James Singleton