Nola’s news # 37

par Alain Piarou, photos: Irène Piarou

Là encore, c’était un autre rendez-vous à ne pas manquer. Tous les jeudis, le batteur Johnny Vidacovich invite 2 autres musiciens à « jammer » avec lui au « Maple Leaf » et hier soir, c’était le prolifique multi-instrumentiste Mike Dillon.

Johnny Vidacovich - Mike Dillon - Nath Lambertson Trio

Johnny Vidacovich – Mike Dillon – Nath Lambertson Trio

Mike Dillon et Johnny Vidacovich (Astral Project) sont des chefs de file du jazz moderne néo-orléanais. La balance était en train de se faire et Mike Dillon faisait régler par le technicien, le son du micro des tablas. Il jouait donc et Johnny Vidacovitch, installé à la batterie lui a emboîté le pas et tous les deux se sont mis à se répondre et à installer le dialogue et c’était parti pour 2 heures de concert.

Mike Dillon

Mike Dillon

Les 2 complices s’amusaient comme des petits fous, se provoquant sans cesse.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Le contrebassiste arrivait sur ces entre faits, s’installait tranquillement et, sans réglage, se mêlait à la conversation. L’improvisation se faisait donc maintenant à 3 car il s’agissait bien là de musique improvisée et lorsqu’ils trouvaient une mélodie, tous trois l’exploitait et groovaient.

Nath Lambertson

Nath Lambertson

Ca partait alors dans tous les sens et on passait du free au punk rock, au rap, en faisant de nombreux détours par le be bop et le hard bop avec des moments de rêve. C’est Mike Dillon qui avait pris les choses en main et qui suggérait. Il passait des tablas à ce que j’appelle ses casseroles, à savoir, un nombre considérable d’ objets dont émanaient des sons très précis. Il revenait le plus souvent au vibraphone pour faire des chorus de toute beauté.

Mike Dillon

Mike Dillon

Quel musicien, maître de l’improvisation mais aussi de la musique bien écrite. De l’impro, on allait sur ses compositions et il changeait souvent de tempo mais ses complices le suivaient au doigt et surtout à l’oeil. Ils s’attardaient aussi sur le jazz avec des thèmes standards sur lesquels tous trois participaient amplement et avec brio et grande classe. Un vrai régal ! Pourtant, hier soir, bizarrement, le public n’était pas au rendez-vous. Juste une cinquantaine d’inconditionnels mais peu importe, les 3 musiciens réalisaient toute de même une grande performance. Les absents ont eu tort … comme d’habitude. Mike Dillon est un musicien inclassable puisqu’il touche à tout, que vous devez absolument découvrir. D’ailleurs, on vous en reparlera plus longuement, plus tard.

Mike Dillon

Mike Dillon

A la fin du concert, il invitait sur scène un autre jeune musicien avec qui il partageait le vibraphone pour une série de « questions-réponses » superbes. Le technicien menaçant de « débrancher la prise », on devait se quitter après avoir passé un moment magique.

Mike Dillon & Otto Schrang

Mike Dillon & Otto Schrang

Nous ne sommes pas prêts d’oublier cette soirée. Que d’excellents musiciens !

 

Nola’s news # 36

par Alain Piarou, photos : Irène Piarou

Le rendez-vous hebdomadaire est bien entendu « Jazz in the Park ». Tous les jeudis, à partir de 17h00, le Parc Louis Armstrong où il y a la fameuse place « Congo square », reçoit sur une belle scène adossée à l’auditorium (malheureusement fermé depuis Katrina), les meilleurs artistes locaux de renommée. Cela commence toujours par une « second line » derrière un Brass Band qui sillonne le magnifique parc Louis Armstrong. Après un 1er concert d’un groupe de rock, c’est au pied de la scène que le spectacle avait lieu. En effet, une quinzaine d’hommes de tous âges, déguisés en « Elvis Presley » s’étaient donnés rendez-vous pour réaliser 2 ou 3 chorégraphies sur les tubes du King.

"Elvis Brothers"

« Elvis Brothers »

Oh, ils ne se prenaient pas au sérieux mais ils s’appliquaient et même si ça n’était pas toujours au point, ils prenaient plaisir à danser et à amuser le public qui s’était agglutiné devant eux, le sourire aux lèvres et l’envie de « bouger ». Après quoi, sur la scène cette fois, c’est le James Andrews Band qui faisait son show.

James Andrews Band

James Andrews Band

James Andrews fait partie d’une autre grande famille néo-orléanaise de musiciens (Glen David, Troy « Trombone Shorty », etc …). Il est le cousin de Travis « trompet Black » Hill, décédé ces derniers jours, à l’âge de 28 ans alors qu’il était en tournée au Japon.

James Andrews

James Andrews

Pour lui rendre hommage, après avoir fait observer une minute de silence, James Andrews avait rassemblé quelques musiciens qui animaient régulièrement (tous les lundis) le club « Ooh Poo Pah Doo » (Mondays trompet summit) avec lui. Et, pas des moindres, puisqu’on y trouvait, entre autre, l’excellent guitariste June Yamaghushi

June Yamaghushi

June Yamaghushi

et un autre personnage marquant de la Nouvelle Orléans, le saxophoniste John Stubbelfield (Dirty Dozen Brass Band)

John Stubbelfield

John Stubbelfield

pour interpréter les airs de Tremé qu’il affectionnait particulièrement. James Andrews, depuis la scène suggérait quelques chorégraphies que le public appliquait bien volontiers. L’ambiance était vraiment à la fête et une « second line » s’organisait, les femmes avec leurs ombrelles et les hommes avec leurs mouchoirs blancs. Tout le monde chantait avec beaucoup de ferveur ces fameux airs de Tremé et de la Nouvelle Orléans. Et puis, la scène faisant face à la très belle statue de Satchmo, hommage lui devait d’être fait et c’est un « wonderful world » et « St James Infarmery » qu’interprétait avec brio James, au chant et à la trompette et son orchestre de rêve. Voilà donc une soirée qui commençait donc sous les meilleurs hospices.

James Andrews

James Andrews

Nola’s news # 33

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Soul Project

Soul Project

Après plusieurs parades dans la ville pour le « Mother day » (et oui, ici, la fête des mères, c’est le 2ème dimanche de mai) et un bon mal aux pieds, c’est une soirée encore endiablée qui nous attendait. « Soul Project » était au club « Maison » sur Frenchmen street et il ne fallait pas les rater. Ce quartet diffuse une musique soul funk à tout casser. C’est vrai que les décibels maltraitaient nos pauvres oreilles … et nos pieds car, impossible de rester assis. Le saxophoniste est une « bête » du genre. Il participe à plusieurs projets et à chaque fois, il s’attire les faveurs du public.

sax

sax

C’est un saxophoniste qui excelle dans le genre funk et avec le co-leader Jérémy Habegger, ils dialoguent avec beaucoup de complicité. Le claviériste Jérémy Habegger est un franco-américain qui s’est installé à Nola, il y a 5 ans et depuis, participe à ce projet. C’est toujours lui qui propose et introduit les morceaux.

Jérémy Habegger

Jérémy Habegger

Et, c’est du gros soul funk que nous proposaient donc ces 4 musiciens pour la danse. Et, ceux qui n’avaient pas fini de fêter « Mother day » étaient bien là pour danser et se trémousser. Tous les âges étaient représentés et tous venaient faire la fête avec « Soul Project ». Il est vrai qu’avec autant d’énergie déployée sur la scène, on ne pouvait pas être insensible et le public en redemandait. Un bon batteur, lui aussi infatigable, et un très bon bassiste qui n’hésitait pas à prendre de superbes chorus.

Bassiste

Bassiste « Soul Project »

Batteur "Soul Project"

Batteur « Soul Project »

Tous les quatre reprenaient les refrains mais c’était surtout Jérémy Habegger, le claviériste, desservi pourtant par une sono trop mal réglée qui assurait le chant. Les 2 partenaires, clavier et sax, se stimulaient et nous faisaient passer encore, une très bonne soirée.

les co-leader de "Soul Project"

les co-leader de « Soul Project »

Jérémy Habegger a plusieurs cordes à son arc puisque, la journée, il est un guide très spécial car il propose de faire découvrir pourquoi et comment le jazz est né à La Nouvelle Orléans, mais nous en reparlerons …