Nola’s news # 30

par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

New Orleans est sous le choc. Un de ses musiciens qui montait en flêche a été rattrapé par la grande faucheuse. Travis « Trompet Black » Hill, jeune trompettiste de 28 ans qui remplaçait souvent dans les clubs, Kermit Ruffins lorsque celui-ci était en tournée, est décédé brutalement d’une septicémie provoquée par une infection dentaire, alors qu’il se trouvait, avec son groupe, au Japon. De nombreuses « second line » se sont formées un peu partout, depuis lundi pour lui rendre hommage. « Jazz in the Park » de ce jeudi lui était forcément dédié et l’orchestre du célèbre club « Preservation Hall », le « Press Hall Brass Band » ne manquait pas de jouer, avec beaucoup de respect, à la mémoire de ce jeune néo-orléanais, cousin de Try Andrews (Trombone Shorty), de Glen David Andrews.

Press Hall Brass

Press Hall Brass

Et Comme tout enterrement est joyeux à la Nouvelle Orléans, tout le monde dansait au son des airs traditionnels.

Press Hall Brass

Press Hall Brass

Après quoi, nous ne pouvions manquer le traditionnel rendez-vous que proposait Michael Pellera (Directeur de la classe jazz de Nocca) et ses jeunes étudiants, pour le concert annuel au Snug Harbor.

Nocca Jazz Ensemble

Nocca Jazz Ensemble

Ce septet de jeunes étudiants, de 15 à 17 ans avait vraiment fière allure. Le « chef de file » de cette formation, John Michael Bradford, trompettiste qui joue déjà depuis 3 ans dans la cour des grands menait ses copains d’école d’une façon très humble.

John Michael Bradford (tp)

John Michael Bradford (tp)

Si John Michael a un niveau exceptionnel, les autres ont fait preuve aussi de talent.

Robert Gray

Robert Gray

Le jeune pianiste prenait un long et superbe chorus sur Footprins. Il alternait le piano acoustique et le piano électrique avait brio. Robert Gray échangeait les claviers avec Sydney Blanchard (la fille de Terence), elle aussi âgée de 17 ans et un avenir prometteur. Encore une grande famille de musiciens néo-orléanais en perspective.

Sydney Blanchard

Sydney Blanchard

Tous ces brillants jeunes gens interprétaient quelques standards avec talent et le surdoué John Michael Bradford se taillait un gros succès avec 2 chorus magnifiques sur « Stardust ». Chacun des musiciens réalisaient de belles envolées sur « Dona Lee » et bien d’autres beaux morceaux choisis, toujours encouragés et stimulés par John Michael.

Sydney Blanchard et Robert Gray

Sydney Blanchard et Robert Gray

On peut vraiment saluer Michael Pellera et tous les profs de Nocca pour la formation qu’ils apportent à tous ces jeunes et d’en faire des musiciens reconnus. C’est un moment de bonheur que de voir ces jeunes jouer avec enthousiasme, moment que nous ne ratons jamais et qui, chaque année, nous permet de constater leur évolution. Retenez ces noms, on en entendra parler, encore : John Michael Bradford (tp), Brandon Shelton (alto sax), Brand Carcamo (g), Robert Gray et Sydney Blanchard (claviers), Jud Mitchell (b), Brayden Turner dm).

 

 

 

Nola’s news # 14

Par Alain Piarou, Photos : Irène Piarou

Gregory Agid quartet

Gregory Agid quartet

Soirée intense à Nola, enfin, comme pratiquement toutes. Tout d’abord, le rendez-vous à « Maison » club sur Frenchmen street, avec, comme tous les mardis à 18h00, le fameux quartet de ce clarinettiste/saxophoniste en devenir qu’est Gregory Agid. Excellent début de soirée placé sous la bonne humeur car ces 4 musiciens se retrouvaient après quelques jours passés à NY pour 2 d’entre eux. La joie des retrouvailles et le plaisir de rejouer ensemble étaient flagrants et ça donnait un très bon concert. Ils interprétaient la musique de cet excellent CD que je vous recommande « Mistery Blues » (chroniqué dans la Gazette Bleue) ainsi que quelques standards ou autres compositions. Un début de soirée très alléchant avec un Gregory en grande forme qui s’apprête à faire 6 apparitions au JazzFest dans des contextes différents.

Gregory Agid

Gregory Agid

Le moment le plus intense de la soirée était à venir au « Snug Harbor » avec le Rick Margitza/Steve Masakowski quintet. Le club avait fait le plein pour les 2 concerts de 20h00 et de 22h00.

Margitza/Masakowski quintet

Margitza/Masakowski quintet

Il faut dire que c’était un événement car Rick Margitza habite Paris et n’est pas souvent de passage à Nola. Il fallait donc ne pas occulter le passage de ce formidable saxophoniste. Et puis, quel quintet ! Au saxophone donc, Rick Margitza, à la guitare, Steve Masakowski, grand maître de la guitare à 7 cordes, trop méconnu en France et pourtant, il a un passé Blue Note, ce qui n’est pas peu dire. Il est évidement très connu à Nola puisqu’il dirige le département Jazz de la fameuse université locale, la U.N.O.

Steve Masakowski

Steve Masakowski

Au piano, un autre personnage très influent et aussi très côté à Nola, le pianiste Michael Pellera qui lui est responsable du département Jazz de la Nocca, célèbre High school qui forme un nombre considérable de musiciens. Toute la jeune génération est passée par la formation de cette école et donc de Michael Pellera.

Michael Pellera

Michael Pellera

A la contrebasse, l’inévitable, l’incontournable, le génial James Singleton et sa bonne humeur.

James Singleton

James Singleton

Enfin, à la batterie, on trouvait l’omniprésent Johnny Vidacovich.

Johnny Vidacovich

Johnny Vidacovich

Le concert débutait avec un superbe composition de Steve Masakowski « Stepping stone » qui mettait déjà le public en condition. Une deuxième composition de Steve « Budapest » mettait en valeur sa virtuosité et il s’adonnait volontiers au tipping. Un guitariste de grande classe que je vous conseille de découvrir ou de redécouvrir. On assistait à des dialogues de grande classe entre Steve et Rick. Michael Pellera signait alors une de ses compositions « Carnival » et il se lançait dans un chorus de très haut niveau et d’une beauté indescriptible qui faisait réagir l’assistance. C’était alors au tour de James Singleton de présenter une composition originale « Blue Belly » avec une intro à la contrebasse, puissante et qui laisser supposer la suite particulièrement musclée du morceau. Là encore, des dialogues s’instaurent entre la basse de James et la batterie du spectaculaire Johnny Vidacovich. Dialogues de haut vol et des applaudissements mérités et fournis. Rick Margitza interprêtait alors « Barcelona Red » une de ses magnifiques compositions, lui permettant d’étaler son immense talent. Ses chorus suscitent de très vives réactions du public. Il faut dire que derrière tout ce beau monde, Johnny Vidacovich faisait preuve, comme toujours, d’un sens incroyable du groove, d’une finesse et d’une intelligence de jeu, incroyable. Et il prend toujours plaisir à duelliser avec tous ses autres partenaires. Michael Pellera me confiait à la fin du concert qu’il comparait Johnny à un peintre, au vu de son attitude quelque fois extravagante mais tellement créatrice et stimulante. Venait ensuite un standard  » Cry me a river ». Magnifique interprétation de cette magnifique chanson pleine de tendresse. C’est une autre composition de Rick Margitza « E-Jones » qui clôturait cet extraordinaire concert que l’on aurait tant aimer voir se prolonger. Mais, pitié pour les musiciens qui en étaient à leur deuxième concert d’affilé.

Rick Margitza

Rick Margitza

Voilà un concert qui restera dans les annales et encore une soirée inoubliable qui n’était pas finie pour autant. On en reparle. Et je vous conseille de fouiller les bacs des disquaires pour chercher les disques de ces extraordinaires musiciens qui n’ont pas, du moins en Europe, la place et l’aura qu’ils méritent.

S. Maskowski, Rick Margitza, James Singleton

S. Maskowski, Rick Margitza, James Singleton