Poussez-vous, voilà l’Apollo All Star Band !

Par Philippe Desmond, photos Thierry Dubuc.

 L’Apollo Bar, Bordeaux le 11 octobre 2017.

Les rendez-vous mensuels de l’Apollo pour les cartes blanches à Roger Biwandu font partie des passages obligés. Variés, du trio aux presque big bands, du rock au jazz en passant par la soul ou le hip hop, avec les musiciens du coin ou des surprises comme Camélia Ben Naceur, Christophe Cravero, John Beasley, Patrick Bebey et d’autres, ils sont une source de plaisir sans arrêt renouvelée. On y retrouve les habitués du lieu, concert ou pas, les fidèles des cartes blanches, les amis, les potes, des musiciens beaucoup de monde toujours.

22406412_1704616716255965_6557701689721924625_n

Pour les rater il faut vraiment vivre en ermite car Roger Biwandu inonde les réseaux sociaux des semaines avant avec un teasing toujours alléchant. Autre avantage les couche tôt peuvent venir car à 22 heures pétantes la musique s’arrête, pas les tireuses de bière par contre. Bon d’accord c’est un peu frustrant mais deux heures de musique surtout avec l’engagement des musiciens c’est très correct, surtout pour le prix du billet d’entrée ; il n’y en a pas, c’est gratuit mais il est de bon ton de – bien – consommer. Derrière le bar Caro et son équipe turbinent dans un mouvement brownien – Robert pas James – permanent. Alors on s’accommode de l’étroitesse du lieu, du côté boîte de sardines – non ils ne la chantent jamais – du boucan ambiant car l’ambiance est toujours festive et cool même si parfois, souvent, toujours, c’est hot.

22406154_1704617166255920_3439770790744981016_n

D’ailleurs ça fait vingt ans que ça dure cette histoire ce n’est donc pas par hasard. Vingt ans que Roger le chef spirituel de l’endroit y use ses peaux et ses baguettes au seul motif de nous régaler et de se régaler lui aussi. Depuis six ans que je fréquente l’endroit je n’ai pas raté beaucoup de mercredis soir mais je regrette les quatorze années précédentes passées souvent devant la télé…

22365486_1704616706255966_2343526298179895744_n

Hier soir le programme était le suivant : de la soul, du funk, du jazz, du R & B (Rythm’n Blues c’est trop compliqué à écrire) avec l’Apollo All Star Band. Avant de déclencher une polémique du genre : All Star Band  mais pour qui ils se prennent… précisons que c’est du second degré appelé aussi humour, celui d’une bande de potes qui jouent ensemble pour la grande majorité depuis des années et ne s’en lasse pas ; ça s’entend. Mais attention ça rigole pas pour autant question qualité musicale, le boss veille. Le tromboniste du soir, un Basque, dont je garderai l’anonymat car il craint son patron, me dit que quand on joue avec Roger il faut s’y jeter à fond, pas le choix il faut y aller. Ah bon c’est pour ça que tu as tout explosé ce soir ! Mais il n’a pas été le seul, nous avions devant nous une bande de fous furieux échappés de l’asile, Attila et sa bande qui brûlent tout sur leur passage.

22491953_1704616709589299_4529197660171643015_n

Le premier à en faire les frais a été le « Chicken » – rendu célèbre par Jaco Pastorius – qu’ils ont saigné, plumé et vidé pendant dix minutes. Ils ont ensuite envoyé du bois sur « Knock on Wood » de Floyd, pas Pink trop soft mais Eddie, avec des cuivres flamboyants.

22449660_1704616992922604_544816696433872723_n

Avec eux pas besoin d’aller chez le docteur comme ils vont nous le rappeler avec « I Don’t Need no Doctor » de Ray Charles ; sacrée version chantée et guitarisée par Dave Blenkhorn. Suivront des titres de Stevie Wonder – non, la série s’arrête là,  pas de Gilbert Montagné au programme – des Brecker Brothers avec « Inside Out » vous savez l’ancien générique de Jazz à Fip. Au fait avez-vous signé la pétition pour la sauvegarde des locales de FIP notamment  celle de Bordeaux/Arcachon. FIP c’est la musique qu’on aime mais presque surtout les annonces des concerts et événements locaux que l’on fréquente ; plus de locales plus d’annonces ! Plus d’annonces plus événements… (lien en bas de page).

Il y aura même le légendaire « Moanin’ » d’Art Blakey, dont c’est l’anniversaire – mais depuis le 16 octobre 1990 il ne peut plus venir – introduit magnifiquement à l’harmonium, pardon à l’orgue par Hervé Saint-Guirons ; et oui à force que Roger l’appelle le Révérend on finit par se tromper.

22448532_1704617222922581_9210457294854812929_n

On rencontrera « Mustang Sally » qui ne raconte pas l’histoire d’une Ford pas très propre comme certains le croient encore, plein d’autres choses et un final participatif – oui c’est la grande mode en ce moment – avec « What’d I Say ». Éclectique, magnifique.

Citons la section de cuivre exceptionnelle avec de gauche à droite Laurent Agnès (tr) déchaîné,

22448621_1704616779589292_1130981459480519025_n

Régis Lahontâa (tr) en mode suraigu,

22365215_1704616909589279_245161549912864538_n

Sébastien Iep Arruti (tb) tonitruant,

22449591_1704616766255960_2550570982594255448_n

la section de bois avec Loïc Demeersseman explosif au sax ténor

22448403_1704616756255961_7748432652288600137_n

et Guillaume Schmidt volubile aux sax alto et baryton ;  raaahh le sax baryton !

22405633_1704616889589281_3433375930185007075_n

Et oui vous pouvez vérifier, les sax sont des bois, les quelques grammes de roseau de l’anche l’emportent sur plusieurs kilos de cuivre. En bref tout ça c’est des vents, attention je n’ai pas dit du vent ! Super arrangements de la section complète, c’était gigantesque notamment ce passage un peu libre, sinon free.

22366481_1704617096255927_879357965919225600_n

Dave Blenkhorn a été nickel au chant et plusieurs fois nous a joué le guitar hero, registre dans lequel on le connaît moins.

22366630_1704617102922593_5802581015260652508_n

La Leslie d’Hervé Saint-Guirons n’a pas été ménagée mais il lui aurait préféré un vrai ventilateur tant il a donné de sa personne. Il a lui aussi régalé l’Apollo.

22448114_1704617039589266_6716559178444145626_n

A l’arrière mais comme au rugby, en attaque permanente à l’aile droite un gigantesque Shob à la basse – quel chorus il nous a fait exploser à la figure ! – qui avec, à l’aile gauche, tapi dans l’ombre prêt à bondir, le grand Roger Biwandu à la batterie, je précise pour celui qui ne le saurait pas, ont assuré un – soul – train d’enfer, le boss dirigeant tout le monde de la voix ou par son jeu sans avoir l’air d’y toucher. Un vrai capitaine d’équipe.

22489649_1704616872922616_8922625311907913246_n

Vous avez peut-être deviné qu’on ne s’est pas ennuyé une seconde hier soir, on a surtout passé un moment extra même si l’acoustique du lieu n’est pas idéale mais on passe là dessus, c’est tellement sympa à l’Apollo de nous accueillir ainsi !

Bon je me calme.

 

PS : Prochaine carte blanche à l’Apollo le mercredi 8 novembre avec Nolwenn Leizour (cb), Mickaël Chevalier (tr), Jean-Christophe Jacques (sax), Hervé Saint-Guirons (e-piano) et bien sûr le boss Roger Biwandu (dr). Et ceux qui croient ne pas aimer le jazz, venez,vous changerez d’avis !

Pétition FIP : https://www.change.org/p/pr%C3%A9servez-et-d%C3%A9veloppez-fip-la-p%C3%A9pite-%C3%A9clectique-de-radio-france

 

Roger Biwandu met l’Apollo en fusion

par Philippe Desmond, photos Jo Gaut et PhD ( au tél, sans lumière et sans frein…)

L’Apollo, Bordeaux le 8 mars 2017.

Le jazz rock, né dans le sillage de la comète Miles Davis au début des 70’s, a permis d’élargir le public du jazz un peu refroidi par trop de Free mais a toujours eu du mal à s’imposer en tant que jazz auprès des puristes ou en tant que rock chez les fanas du binaire. Il a ainsi changé de nom oubliant le rock pour devenir jazz fusion.

Personnellement c’est par là que vers mes 18 ans je suis rentré dans l’univers du jazz, une passerelle entre le rock que j’écoutais depuis tout jeune et le jazz que je ne « connaissais » qu’à travers un 33 tours familial de Syney Bechet… A cette époque le Corea de Return to Forever (vus en 74 à l’Alhambra de Bx) , le Herbie Hancock des Headhunters (vus à Bayonne en 76) n’étaient pour moi que des claviéristes de synthés et pianos électriques. Art Blakey quasi inconnu au bataillon mais j’étais subjugué par la débauche d’énergie et de matériel de Billy Cobham. L’Eleventh House de Larry Coryell, Weather Report, Mahavishnu, Alphonse Mouzon, Isotope… remplissaient ma discothèque. Premier album de Miles acheté en 75 « Get up with it » précédant un flash back discographique fourni…

Complexité des harmonies, prolifération de notes, développement des morceaux avec trop de démonstrations instrumentales ont fini par lasser et ce type de musique a perdu de son attrait, certains partant vers l’acid jazz ou le smooth jazz, d’autres vers le funk et les piliers vers leurs premières amours jazzistiques, y intégrant une belle dose de modernité néanmoins. Snarky Puppy et d’autres perpétuent désormais le genre pour notre grande satisfaction.

Hier soir à l’Apollo de Bordeaux – qu’on ne remerciera jamais assez – hommage était rendu à ce type de musique avec un Tribute to Brecker Brothers (parents et alliés) dans le cadre des « Cartes Blanches à Roger Biwandu ». Et le mot fusion y a pris tout son sens peut-être pas celui initial mais celui qui découle d’une très forte montée en température ; pour cela il faut un apport très important d’énergie, et bien on a été servi !

A la forge six musiciens avec Roger à la batterie, Shob à la basse, Xavier Duprat aux claviers, Denis Cornardeau à la guitare et « Los Metales del Terror » Régis Lahontâa et Loïc Demeersseman dans les habits de Randy (tr) et Mickaël Brecker (st). Pour faire simple disons qu’ils ont tout défoncé.

Ils ont commencé par plumer « The Chicken » de Pee Wee Elis ; ils ont bien mis un quart d’heure à en venir à bout, ne restaient plus que les os après tant de groove. C’est ainsi parti très fort et, sauf à la pause, ce n’est pas retombé.

Après le « Snakes » de David Sanborn où Loïc Demeersseman a continué de se mettre en valeur (« C’est plus de mon âge cette musique » avouera t-il ; menteur ! ) Régis Lahontâa a bouché sa trompette pour un son très Miles dans le funky « Spherical » ; précis, musical, impeccable. Le groupe tourne à merveille et pourtant c’est un one shot band rappelons le, peu de répétitions, beaucoup de travail individuel, les transcriptions à faire car n’existant pas. Les breaks tombent pile, la cohésion est terrible, ça bricole pas sur scène.

Bravo à Rix venu pour faire le son, pas facile à maîtriser ici, même si, ayant oublié mes bouchons d’oreilles, des boulettes de kleenex m’ont sauvé de la surdité par moment ; mais le jazz rock il faut que ça claque !

« Port of Call » et une basse Marcusienne pour le remarquable Shob qui a été royal toute la soirée dans ce rôle plus qu’indispensable pour ce type de musique où finalement tout par de là ; première fois à l’Apollo certainement pas la dernière.

Un autre célébrait ici son baptême, le guitariste Denis Cornardeau dans le rôle de Mike Stern, rien moins. Sa strato nous en a fait entendre de toutes les couleurs, des riffs saturés aux chorus délicats ou enfiévrés en passant par une intro quasi acoustique il a emballé tout le monde.

Sur ses deux claviers le discret Xavier Duprat – hors scène – a régalé trouvant parfaitement ces sons d ‘époque parfois un peu datés, avec une virtuosité et une énergie bondissante dignes de sa collègue Camélia, une grande spécialiste du genre au sein du groupe de Billy Cobham.

Et Roger Biwandu le boss ? On le connaît tous par cœur, enfin on le croyait car hier soir, concentré comme jamais, il nous a encore surpris, inondant le concert de sa classe à un niveau stratosphérique. Cette musique lui convient lui le puissant batteur, il s’y exprime pleinement. Finesse, polyrythmie, créativité incessante et tout cela avec une débauche d’énergie délivrée apparemment sans effort . Ah ce travail à la grosse caisse, je n’ai jamais fait attention mais il doit avoir un ou deux pieds de plus que nous… Ça laisse augurer -si on en doutait – un super concert le 4 avril au Rocher pour la sortie de son album « Three » ; plus de détails dans la Gazette Bleue #21 de mars dont Roger est la vedette.

Après la pause reprise avec le tube « Inside out » synonyme depuis des années de « Jazz à Fip » et un groove qui ne va pas nous lâcher dans les titres suivants jusqu’à l’explosion finale du trépidant « Some Skunk Funk » le tube des BB ; les Metales sont à fond, Loïc tout rouge prêt à exploser ; Xavier saute sur son clavier, ils sont tous la poignée dans le coin sur ce morceau si caractéristique du genre, mené à un tempo infernal. Et comme à la boxe, nous voilà tous saoulés de coups après ces dix reprises ; on en redemande !

C’est toujours chouette le jazz rock finalement !

Pendant ce temps au Camp Nou le PSG se faisait lui aussi défoncer, mais avec moins de plaisir que nous…

 

https://actionjazz.fr/gazette-bleue-n21-mars-2017/

set 1

The Chicken (Pee Wee Elis)

Snakes (David Sanborn)

Spherical (Randy Brecker)

Port of Call (D Sanborn)

Sponge (R. Brecker)

set 2

Inside Out (R. Brecker)

Upside Downside (Mike Stern)

Common Ground (M. Stern)

Detroit (Marcus Miller)

Some Skunk Funk (R. Brecker)

Carte blanche à Roger Biwandu à L’Apollo

par Philippe Desmond ; photos Thierry Dubuc, X

11149279_10153214832943523_8449871006540249406_n

Depuis des années l’Apollo – pas de Harlem, celui de Bordeaux – donne régulièrement carte blanche à Roger Biwandu musicien et batteur éclectique. C’est le mercredi, une fois par mois environ et à l’heure de l’apéro, de 19 h à 22 h pétantes, voisinage oblige.

A chaque fois il s’entoure d’excellents musiciens – Roger est exigeant et il a raison – leur choix dépendant du répertoire et du thème de la soirée. En général c’est un hommage à un artiste, quelquefois à un genre comme la musique West Coast. Ainsi avons-nous eu droit à du jazz, Art Blakey Wayne Shorter, Miles Davis, Herbie Hancock, Franck Sinatra, Al Jarreau… de la pop avec les Beatles, Sting et Police, Mickael Jackson… de la soul avec Earth Wind & Fire, Stevie Wonder, James Brown, etc. Roger Biwandu est inclassable – et ne le souhaite pas – il aime la musique et en possède une culture des plus larges.

Du trio à un orchestre de neuf musiciens comme ce soir le résultat est toujours enthousiasmant. Le lieu est à chaque fois bondé, la température y monte vite, les gorges s’assèchent et donc au bar la belle équipe de l’Apollo ne chôme pas. Les potes se retrouvent, souvent en bandes c’est bruyant et à la fois attentif à la musique. Les musiciens – qui sont ici chez eux et s’y retrouvent nombreux – prennent la place d’une des attractions habituelles du lieu, le billard et le public s’entasse comme il peut devant eux. Mojitos, bières belges, rosé circulent au milieu de ce chaos.

Ce soir avec neuf musiciens c’est aussi l’embouteillage « sur scène » (il n’y en a pas).  Pour sûr l’Apollo ce n’est pas la salle Pleyel, le son n’est pas non plus génial (sauf ce soir justement). Le concert se mérite mais quel plaisir au final ! Ça se passe comme au tennis en deux sets gagnants et toujours gagnés et à 22heures pile donc ça s’arrête, public en délire ou pas ; souvenir de fermeture administrative passée…

Musicalement la qualité est toujours au rendez-vous, le boss a des exigences et s’il y a très peu – ou pas – de répétitions c’est que chacun a ses devoirs à faire à la maison longtemps à l’avance. Ils ont certes tous l’habitude de jouer ensemble, tout cela a l’air facile mais il y a du boulot derrière.

Ce soir une partie de la fine fleur bordelaise est là pour régaler. Tous  de vrais musiciens sans étiquettes trop marquées même si certains sont plus proches du jazz que d’autres. Le flyer annonce « Tribute to Ray Charles and artists soul/Rythm’n blues », on va voir que ce n’est qu’une vague indication.

Quand j’arrive les musiciens sont en train de se faire photographier tous en costumes sombres et cravatés. La grande classe et le concert va le confirmer, le ramage étant à la hauteur du plumage…

10422449_10153283159198523_8866859848543906377_n

Ce soir c’est la fête du Mirror, pas moins de cinq cuivres sont disposés en première ligne derrière les pupitres. Orgue, basse, batterie complètent le dispositif avec en « leader » Dave Blenkhorn à la guitare et au chant.

L’Apollo se remplit d’un coup aspirant tous ceux qui sirotaient en terrasse et c’est parti ! Avec du Floyd, non pas Pink mais Eddie et son très musclé Knock on Wood. La puissance des cuivres, avec deux trompettes, un sax ténor, un sax baryton (trop rare et si indispensable avec la Soul) et un trombone ! Avec ce dernier Sébastien Iep Arruti va nous faire un festival toute la soirée régalant ses compères musiciens en même temps.

TDBB4762

Dès le premier titre tout le monde est décoiffé et pour calmer l’assistance arrive comme une surprise « La Mer » de Charles Trenet en version « Beyond the Sea » magnifiquement chantée par Dave Blenkhorn et sa chaude guitare jouée sans aucun effet électronique.

Puis on repart à fond avec « Hot Pants Road » de James Brown. Ah le son du sax baryton avec Guillaume Schmidt aux commandes ! Je me souviens enfant d’un concert de Nino Ferrer époque « cornichons » et du son de ce sax qui m’avait marqué et de l’orgue bien sûr. Et ce soir justement Hervé Saint-Guirons lui d’habitude si posé se déchaîne avec le sien ; longtemps que je ne l’avais vu aussi démonstratif ! La cabine de l’orgue ventile à 10000 tours. (portrait d’Hervé dans la dernière Gazette Bleue #10)

« Do nothing till you hear from me » d’Ella Fitzgerald et Dave fait son crooner. Il fait aussi sonner magnifiquement sa demi-caisse. « Il joue en la » me précise Dany guitariste bordelais légendaire. Si tu le dis…

« Mustang Sally »  de Mark Rice et non de Wilson Pickett qui lui l’a rendue célèbre, déchaîne la foule qui répond à Dave par des « ride Sally ride » ; Laurent Agnès et Régis Lahontâa et leurs trompettes lâchent les chevaux, des mustangs donc, Loïc Demeersseman et son ténor déboulent  au grand galop, Sébastien et Guillaume font du rodéo. Derrière Roger Biwandu très présent et Marc Vullo impeccable tiennent les rênes de cette cavalerie, ce dernier avec la discrétion habituelle d’un poste pourtant indispensable ; pas de basse pas de groove. Et là gros groove…

Tiens une intro de batterie fameuse, Roger l’adore, c’est « Blues March » d’Art Blakey, avec cette formation c’est tout simplement de la dynamite. Et là on comprend que c’est lui Roger le patron, celui qui commande les chorus, les breaks, les relances. On voit aussi qu’il est heureux, ça tombe bien nous aussi !

TDBB4785

Bon ça sent quand-même un peu l’arnaque de concert, il est où Ray Charles ? Le voilà enfin avec la reprise de « What I said », inusable. Dave le crooner se lâche dialogue avec le public sur ce tube interplanétaire : Heyyy ! Heyyy ! Hooo ! Hooo ! Derrière c’est toujours aussi flamboyant.

TDBB4793

La pause arrive à point nommé. Tout le monde est épaté même nous qui avons l’habitude.

Ça reprend, pas de chapeau, pas de lunettes noires mais une belle version de « Everybody needs somebody » puis le titre jazzy et chaloupé « Killer Joe » de Bennie Golson, un morceau des Meters, à nouveau Art Blakey et  « Moanin’  » et enfin « Hit the Road » de qui vous savez. Le feu à l’Apollo. Rappel avec Ray jusqu’à 22 heures pile, c’est la règle.

TDBB4873

Un tel concert ça vous regonfle, une vraie thérapie, même mon mal au dos a – presque -disparu. Une amie s’approche de moi les yeux brillants « c’est le bonheur » me dit-elle ; ah bon ce n’était pas pour moi ces scintillements…

Pour vous dire la qualité du concert, même le Messi et son Barça en ont attendu la fin pour marquer enfin des buts constatera Roger.

Je redis la chance que nous avons de vivre des moments de cette qualité grâce à ces artistes et aussi à l’Apollo qui entretient cette flamme depuis toujours.

Prochaine carte blanche à Roger Biwandu le dimanche 21 juin ici pour la Fête de la Musique.

Heyyy ! Heyyy ! Hooo ! Hooo ! On rentre de l’Apollo….