La Gazette Bleue N° 22 vient de sortir ! Concert de Post Image, bassistes, New Orleans & more !

Bonjour ! Voila la Gazette Bleue N°22 • Mai 2017 !

Retour sur le concert des 30 ans de Post Image, et Mets ta nuit dans la mienne au T4S. Mais aussi, spécial Freedom in Bordeaux avec Karfa Sira Diallo. Et puis des rencontres avec Laurent David, Ouriel Ellert, Stéphane Borde, Ceiba en studio etc…Et vos chroniques et agendas habituels !

Bonnes lectures !

Jim Husky chez le Pépère : récréation

Par Philippe Desmond.

La dernière magnifique chronique de Dom Imonk relatait une création, celle-ci parlera elle d’une récréation. Car tel était le cas hier soir chez le Pépère en cette nuit bordelaise encore trop pluvieuse.

trio

Récréation avec cette animation propre à ce genre de moment, les gens qui bougent, qui discutent, rient, se désaltèrent et grignotent leur petit goûter fait de tapas et autres cochonnailles, spécialités du lieu. Et lors d’une récréation on joue, ici pas au ballon ou à la corde à sauter mais de la musique, du jazz. Récréation car tout se passe dans la bonne humeur, spectateurs et musiciens se mêlent, s’invectivent gentiment aux aimables provocations de Stéphane Borde dont la stature remise son banjo au rang de ukulélé.

Le set commence en trio avec Stéphane donc, Nicolas Dubouchet et sa légendaire casquette à la contrebasse, et en vedette Jim Husky au piano et au chant ce soir, mais aussi capable de se produire au trombone ou encore à la trompette. Musicien complet et talentueux que cet Américain qui vit depuis longtemps à la campagne en Gironde. Chaque deuxième jeudi du mois il a carte blanche ici. Avec son look très bonhomme, barbichette et feutre zaninesque vissé sur la tête, il va promener ses doigts pour notre plus grand plaisir sur ce piano presque bastringue au gré de standards inusables. Je ne l’avais jamais vu jouer et je découvre un excellent pianiste caractéristique de ce style des années 30 assorti d’un très bon chanteur et tout cela avec un réel humour ; ses transitions, étoffées des interventions douces et légères de Stéphane Borde, sont très amusantes et en plus instructives.

De Louis Armstrong à Fats Waller en passant par des traditionnels comme « On the Sunny Side of the Street » ou le tube d’Irvin Berlin « Cheek to Cheek » le trio, très marqué par le son du banjo, va se mettre une assistance conquise encore plus dans la poche. C’est gai, ça joue bien, un pain par ci par là pris avec humour, ça vit. Le lieu lui-même est vivant, en haut, en bas du monde et de la bonne humeur, des clients au patron, ça compte.

Après la pause, une récréation dans la récréation, et comme dans une cour d’école on reforme les équipes, place au bœuf – dans ce lieu dédié au cochon je préfère ce terme à jam – avec les quelques musiciens qui sont là depuis un bon moment mêlés aux amis du public. Jean-Luc Pareau (Jazz Chamber Orchestra) au sax alto, George au ténor, Mathieu Tarot trompettiste récemment arrivé à Bordeaux, Jean Giraudeau au cornet (un vintage King Master 1946 pour les connaisseurs ; merci Jean) vont venir se mêler aux autres et la bagarre de récré va commencer.

jam
Compliment osé, mais compliment quand même, de la part de ma voisine « ça me fait penser à la scène de jazz endiablée des Aristochats » ; et bien oui, d’ailleurs la troupe enchaîne sur « The Bare Necessities  » si vous connaissez « Il en faut peu pour être heureux » dans le Livre de la Jungle  ! Je confirme.
Une fille va même oser rejoindre ces garçons turbulents, Blandine (de Blandine et l’Herbe à Swing) pour deux titres dont « I Can’t Give You Anything But Love », un plaisir.

blandine

Encore une jolie soirée en ce jeudi où il y avait l’embarras du choix, au Tunnel avec une troupe de choc autour de Roger Biwandu, au Siman avec du jazz aux sonorités brésiliennes, au Caillou avec Ceïba et ses chants du monde ou aux « jeudis du jazz » de Créon avec Zum Trio ! La musique c’est en live que ça se passe, pas à la télé ou en MP3 !

La pluie fait toujours des claquettes dehors mais finalement quelle importance ?

Boeuf chez le Pépère : les caves se rebiffent


Par Philippe Desmond.

Cela faisait longtemps que je devais aller voir ce qui se passait chez le Pépère pour la jam du premier mardi du mois. Le problème c’est que sortant écouter du jazz du mercredi au dimanche quasiment toutes les semaines cela m’oblige à rogner sur mon temps de repos musical.

Mais le père d’une amie ayant émis le souhait d’écouter du jazz type Nouvelle Orléans, le choix s’est vite porté sur cette jam du mardi vouée à ce style de musique. Pas mon préféré je l’avoue mais allons-y, en bonne compagnie tout est possible.

Le lieu c’est une cave ou plutôt deux caves. L’une est au rez de chaussée où le caviste Thierry « le Pépère », béret sur la tête et bonne humeur en bandoulière, vend du vin toute la journée et propose au bar des boissons et des tapas. L’autre est au sous-sol, voûtée comme beaucoup d’autres à Bordeaux, meublées de tables barriques et dotée d’un semblant de scène. Le tout minuscule.

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En arrivant il y a une dizaine de personnes et l’endroit paraît déjà complet ; on ne va jamais rentrer. Mais si, Pépère avec une réelle bonhomie pousse quelques tables, déplace quelques tabourets et nous trouve un coin contre un mur de bouteilles de vin bien alléchant. Il est 19 heures et trois musiciens s’installent, disons plutôt se faufilent entre deux mange-debout. Pour cet apéro jazz, au banjo Stéphane Borde, à la contrebasse – et oui elle rentre – Nicolas Dubouchet look canaille avec casquette et foulard et à la trompette Thibaud Bonté. Benjamin Ransom, lui avec un look vintage, les rejoindra avec son washboard.

Répertoire Nouvelle Orléans et aussitôt une ambiance d’une gaîté communicative. La cave bistrot est pleine mais se remplit encore, miracle de l’élasticité des corps et de la bonne disposition des convives. Des assiettes de tapas excellentes, un choix de très bons vins à choisir dans les rayonnages sans supplément de prix jusqu’à la fin de l’Happy Hour à 19h30. Un mètre carré se libère, vite on se danse un swing-rock dont les musiciens vont prendre un malin plaisir à en accélérer le tempo. On est mardi soir et c’est la fête. Ça ne fait que commencer.

Vers 20 heures les musiciens font la pause avant de descendre pour la jam de 21 heures. Mais ce soir nous avons de la chance un intermède dansant est prévu en bas, trois filles -en tenue sexy – de l’association « Elle est danse » nous proposant un extrait de leur spectacle « Chicago ». Le vieux papa de mon amie est comblé, on dirait qu’elles sont là pour lui ; et grâce à moi c’est du moins ce que vais essayer de lui faire croire.

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La cave voûtée se remplit, l’escalier en colimaçon écoulant sans arrêt son flots de personnes de tous âges, verres et bouteilles à la main. On sent que le Bordelais a l’habitude du tramway et de sa promiscuité sardinesque car personne n’a l’air mal à l’aise. Du cochon et de ses produits dérivés en haut on va ainsi passer au bœuf en bas. Les musiciens sortent de partout, ils ne seront pas moins de neuf à jouer à la fois.

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Et là ça va envoyer dans tous les sens mettant une ambiance de feu digne certainement des clubs de Saint Germain des Prés tels qu’on peut se les imaginer à travers de vieux reportages ou des films. Le vin et la bière coulent à flots (ici l’unité de mesure de ce breuvage est la pinte, rien en dessous). En plus des musiciens cités se rajoutent des sax (dont Jean Luc Pareau), des trompettistes, un violoniste (Nicolas Frossard) et un trombone (Gaëtan Martin). En fin connaisseur notre vieil ami me glisse « il manque un clarinettiste » ; renseignement pris auprès de Stéphane Borde l’espèce se fait rare dans la région.

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Pas trop de connaissance du répertoire NO pour moi mais quand même quelques standards reconnus comme « St James Infimery » ou « I can’t give you anything but love » et surtout une confirmation : en live les goûts changent, l’ambiance, la proximité des musiciens – qui a dit le vin ? – transforment la perception des choses. Le NO il faut le vivre, pas seulement l’écouter, le French Quarter et Bourbon Street ça doit être quelque chose n’est ce pas Alain Piarou ?

La pause arrive vers 22h30 nous laissons notre demi mètre carré à d’autres, la fin n’étant pas prévue avant minuit et demain ce n’est que mercredi…

Allez chez le Pépère mais mettez vous d’accord avant pour prendre votre tour car il n’y aura pas de la place pour tout le monde !

Bordeaux est encore calme mais attention les caves commencent à se rebiffer…

http://www.chezlepepere.com/